A propos de campagnes électorales : peut-on faire confiance aux sondages ?

Souvent au centre des polémiques ces derniers temps pour ne pas avoir su donner les bonnes prévisions en quelques élections de grande importance ( la présidentielle américaine, le référendum Brexit, les élections en Autriche et au Pays-Bas) où les résultats ont déniés les prévisions, les sondageurs ont pris une petite revanche dimanche dernier. Enfin, ce sont les deux candidats prévus qui l'ont remporté et avec des scores assez proches de ceux dont ils étaient crédités à la veille.

En fait, les instituts de sondage sont porteurs d’enjeux politiques et économiques majeurs qui interdisent de les considérer comme de simples sources neutres.

Leurs enquêtes se sont imposées au centre du discours médiatique.

Le nombre d’enquêtes connaît aujourd’hui une augmentation exponentielle : il a doublé en vingt-cinq ans, et même décuplé dans le cas des seules enquêtes électorales.

Héritiers des "mouches" du XVIIe siècle qui étaient déployés dans les lieux publics pour rapporter les propos entendus, les méthodes n’ont cesser de se systématiser parallèlement au développement de la statistique .

En fait, en dépit des critiques, les résultats des sondages d’opinion conservent une force sociale particulièrement élevée, voire grandissante, aux conséquences politiques importantes.

In fine, on aurait tort de l’oublier : au fondement de toute enquête d’opinion existe un contrat commercial entre une entreprise prestataire de services et un client à qui sera adressée une facture.

Et oui, à la différence du thermomètre et de la fièvre, les sondages d’opinion ont une influence sur le phénomène qu’ils prétendent mesurer.*

*Les effets bandwagon et underdog sont ainsi fréquemment évoqués, le premier voulant que certains électeurs se rallient à un candidat parce qu’il est donné favori, et le second au contraire parce qu’il est donné perdant.

Ou encore le vote utile, rationnel, ou le free will effect, c’est-à-dire la volonté de démentir les pronostics des sondeurs pour affirmer son libre arbitre.

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