Attentat du 14 juillet : L’audition à l’Assemblée Nationale confirme que "plus de police n’aurait rien changé"

On se rappelle bien les tristes polémiques suivies à l'attentat du 14 juillet et les accusations des élus locaux qui pointaient les services de l'Etat pour les rendre responsables d'insuffisance dans l'organisation de la sécurité.

Commissionné par le Ministre de l’Intérieur , un rapport de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) concernant "l’évaluation du dispositif de sécurité et d’ordre public mis en place à Nice le soir de l’attentat", avait conclut que " le dispositif mis en place n’était pas sous-dimensionné ".

Hier, la commission des lois de l’assemblée nationale a auditionné Marie-France Moneger-Guyomarc’h, cheffe de l’inspection générale de la police nationale, qui avait signé le rapport.

La cheffe de l’IGPN n’ pas changé d’un iota sa conviction : "la présence de forces mobiles le soir de l’attentat de Nice n’aurait rien changé".

Toujours à l’affût, , Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-maritimes , a notamment demandé si le dispositif mis en place était assez dimensionné "pour Nice, 5e ville de France, qui voit sa population doubler en période estivale mais aussi Nice et ses 500 habitants signalés pour radicalisation."

Le président du Conseil départemental s’est également interrogé sur l’absence d’unité de forces mobiles alors qu’il y en avait à Carcassonne, Montpellier, Marseille et Avignon le même soir.

La cheffe de l’inspection générale de la police nationale, accompagnée de Jean-François Bas et Serge Rivayrand, contrôleurs généraux, a d’abord rappelé le nombre de policiers nationaux engagés à Nice le soir du 14 juillet : 64 sur la prom party. Avec la présence de policiers municipaux et compte tenu que l’événement devait rassembler entre 20 et 30.000 personnes, le dispositif n’était pas sous dimensionné"- a-t-elle répété pour l’énième fois.

Son analyse des faits est précise : "Concernant l’absence de forces mobiles, elle explique que s’il y en avait eu, le nombre de policiers nationaux auraient diminué d’autant. Le camion est arrivé sur la Promenade des Anglais deux kilomètres avant la zone du feu d’artifice".

" Et ce n’est pas à deux kilomètres que l’on aurait mis les unités de forces mobiles. On les aurait forcément mises dans le secteur. le camion aurait pris le même chemin et aurait fait autant de victimes." a-t-elle précisé en faisant fi de tant de commentaires approximatifs sinon de mauvaise foi exprimés par des élus qui ont cherché à accuser les autres pour se défendre eux-mêmes.

Parce que la conclusion pourrait se prêter à une lecture qui laisse place aux interprétations : "La vraie manière de sécuriser un site, c’est la mise en place de dispositifs techniques pour ce type d’attaque."

La cheffe de l’inspection générale de la police nationale parle " de plots installés sur la chaussée, le rehaussement des trottoirs de la Promenade des Anglais. A certains endroits, il n’y a pas de trottoir sur la promenade des Anglais. Pour sécuriser un site, il faut penser matériel, immobilier et humain".

A écouter ces propos, reviennent en mémoire les considérations de l’élu municipal indépendant Benoît Kandel qui dans un point-presse dans les jours suivants, avait rappelé que la soirée était organisé sous la responsabilité de la municipalité et que celle-ci était la seule à avoir un camion spécial avec grue et plots.

Reste le fait que ce camion et son équipement n’ont pas quitté le garage où il était placé ...

Fin des polémiques ? A lire le commentaire final d’Eric Ciotti, "Je souhaite que nous sachions adapter les dispositifs de sécurisation par rapport au retour tragique de l’attenta de Nice", on pourrait le penser.

Fera-t-il passer le message à qui de droit ?

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