Attentat : Pour Olivier Bettati , "les niçois ont le droit de savoir"

Quand on ne s'aime pas... voire pire, toute occasion est bonne pour régler ses comptes. On sait que les rapports entre Olivier Bettati, Benoit Kandel et Christian Estrosi sont houleux pour maintes raisons qu'on a déjà eu l'occasion d'exposer.

Les faits tragiques du 14 juillet, les polémiques qui s’en sont suivies, ont fait monter la température à l’intérieur du monde politique local (par ailleurs , la chaleur étouffante à l’extérieur n’aide pas à rafraîchir l’ambiance !).

Au final, " le temps des questions est arrivé"- dit Olivier Bettati remonté contre l’attitude de Christian Estrosi qui, selon lui, "essaie de se décharger de ses responsabilités et ça, c’est inamissible". "Le discours qui consiste à dire " c’est pas moi, c’est l’Etat , ne tient pas" - dit-il.

"C’est une faute lourde", affirme Olivier Bettati qui vise précisément Christian Estrosi, premier adjoint au maire de Nice chargé de la sécurité et le commandement de la police municipale (qui manquerait de la qualification nécessaire* et que ce soir était dans sa commune -dont il est élu et non sur le terrain- pour la fête nationale et confié la responsabilité

Document interne à la main, les accords intervenus entre la Préfecture et la Ville en terme d’organisation de sécurité prévoient que " la police municipale relèvera les effectifs de la police nationale à 20h30 pour prendre en compte la totalité du plan de circulation sauf le point Phocéens/promenade relevé à 20 heures".

Plus particulièrement " pour le poste Gambetta/Promenade chaussée sud, 2 agents et déviation par bd.Gambetta".

"Pourquoi la ville n’a pas posé des plots en béton à ce carrefour stratégique alors qu’elle dispose d’un camion spécialement adapté avec une grue pour ce travail (que j’avais moi-même fait acheter en 2009) - intervient Benoît Kandel.

Concernant le fameux système de vidéo-surveillance dont Christian Estrosi est si fier,
après ne pas pas avoir signalé les repérages effectués la veille et l’avant-veille par l’auteur de l’attentat, il aurait été en pénurie d’effectifs , selon les deux hommes : " il n’y avait que trois agents devant les caméras ce soir là "- affirment les deux élus- "au lieu des 6/7 prévus.

Le Préfet et le Maire sont co-responsables du dispositif de sécurité à l’occasion des manifestations mais c’est la ville qui les organise.

"Tout n’incombe pas à l’Etat, si on n’est pas satisfait du dispositif de sécurité, on annule la manifestation, surtout dans un tel contexte ", explique Benoît Kandel.

Les enquêtes judiciaires et administratives diront s’il y a des responsabilités et lesquelles et de la part de qui.

Du point du vu politique, les deux élus du groupe d’opposition (droite) ont adressé une lettre à Philippe Pradal, Maire de Nice, pour lui demander la création d’une commission d’enquête municipale.

La lettre contient leur interprétation des faits , la mise en valeur des failles et incongruences et quelques insinuations qui feront certainement monter la moutarde au nez au "vrai" destinataire.

Le dossier a pris un mauvais pli et on a l’impression qu’il soit loin d’être clos.

* il s’agit d’un cadre B de la fonction publique territoriale , proche de Christian Estrosi , qui ne pourrait pas, au vu de ses qualifications, avoir le titre de directeur de la police municipal et qui est "chef de service".

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