Conseil Métropolitain : ça sentait les vacances

Une assemblée émoussée (la chaleur étouffante, la fatigue après une année aux couteaux tirés et des vacances qui approchent) a abordé un ordre du jour assez étriqué par rapport à ceux volumineux dont on avait l'habitude.

Les délibérations ont été assez rapides et, sans l’approche toujours impétueuse du Président de la Métropole et son traitement "à l’abrasif" de l’opposition, les travaux se seraient même déroulés dans une atmosphère soporifique.

Il est vrai que les arguments ne se prêtaient pas à des débats virulents : comment se passionner à une subtile bataille de mots pour délibérer le soutien à la candidature de la Promenade des Anglais à l’inscription par l’Unesco au patrimoine mondial , à laquelle une plume (anonyme ?) a ajouté "et de la ville hivernale" ?

La mystérieuse raison ne se trouve-t-elle pas simplement dans l’exigence d’implémenter la valeur intrinsèque du dossier avec un supplément du concept "immatériel" lié à l’origine de la notoriété internationale de Nice ?

Trop difficile de l’expliquer sans en faire un cas de lèse majesté ?

Le point principal (et positif) de la séance était la création du Pass Bleu Azur qui combinera en un seul support billettique (et frais d’inscription unique) les abonnés annuels des Lignes d’Azur et les usagers de Auto Bleu et Vélobleu : une initiative intelligente qui prend en compte l’intégration des modes de transport non polluants et va dans la direction d’alléger une circulation qui pose problème et devient un fardeau pour les déplacements urbains et intra-urbains.

Dans la même lignée s’inscrit la tarification combinée entre le Réseau Lignes Azur (RLA) et les Trains Express Régionaux (TER) qui a pour but de faciliter l’intermodalité et qui permettra d’associer les deux abonnements en un titre unique. Cette convention sera opérationnelle à partir de 2018.

Enfin, une nouvelle grille tarifaire a été approuvée pour le service des Auto Bleues qui prévoit une augmentation moyenne de 5 %°et le passage à paiement du rechargement électrique des véhicules privés au bornes.

Sur cette délibération est revenu Patrick Allemand (PS), qui après avoir dénoncé " la réduction significative du service puisque le parc auto passe de 210 véhicules à 140" , " les nouvelles dispositions sur la répartition des pertes qui représente une charge supplémentaire estimée à 138 000 euros", a pointé " un premier constat d’échec et une réduction des ambitions".

Son analyse se termine avec le rappel d’une évidence : " je crois que la gestion comptable des transports qui conduit à la réduction des lignes collinaires* et des autos bleus est une gestion à la petite semaine, sans vision stratégique d’ensemble pour une politique de déplacements attractive".

Enfin, un vœu **a été voté pour la modification de la loi dit du "littoral" de 2006 qui réglemente les plages naturelles et artificielles. En deux mots, il s’agit de trouver un escamotage pour ne pas l’appliquer ou, à minima, d’opter pour "une réglementation spécifique et adaptée au bassin méditerranéen et plus particulièrement à celui de la Côté d’Azur .

En fait, un appel de loi "à la carte" , en fonction des desiderata de la profession dont le président national est niçois. Les motivations se trouvent dans les 17 "en considérant" du texte. Quelle littérature !

Comme exemple de réformisme on a vu mieux, mais on sait que le changement... c’est pour les autres.

° qui porte les tarifs à un coût équivalent à d’autres métropoles

* les lignes 72 et 76 qui sont sur la sellette suite à un nombre largement insuffisant de passagers et dont l’élu socialiste revendique la fonction de service public dans le cadre d’une mission d’aménagement du territoire périurbain.

** qui sera répliqué ce jour en Conseil régional.

Communiqué du Front National : Christian Estrosi limite à UNE MINUTE le temps de parole de ses opposants

Manifestement pressé par son agenda et supportant toujours moins la moindre contestation, Christian Estrosi a décidé aujourd’hui, à l’occasion du Conseil de la Métropole Nice Côte d’Azur, de limiter drastiquement la parole de ses opposants.

L’ensemble des élus d’opposition ont vu leur parole limitée, sur la majorité des délibérations, à UNE MINUTE ! Il s’agit d’une limitation purement scandaleuse, dénuée de tout fondement. Tout à son arbitraire, le cabinet du Président n’a pas même jugé utile de prévenir au préalable les élus des temps de parole attribués.

C’est ainsi que Christian Estrosi m’a coupé le micro dés ma première intervention. Je commentais alors son refus, lors du précédent Conseil, d’étudier notre Motion sur la présence d’une mosquée UOIF dans des locaux de Côte d’Azur Habitat.

Nous allons étudier toutes les voies de recours pour rétablir l’opposition métropolitaine dans ses droits légitimes à la libre expression.

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