De (fausse) information en polémique, la (très sérieuse) question de la sécurité tourne au ridicule

L'enseignement de la rhétorique nous apprend la différence entre "loquens" (celui qui parle) et "eloquens" (celui qui parle bien et de manière éthique). Malheureusement les bonnes habitudes se perdent avec la modernisation du langage

Dans ces temps, ô combien confus, la langue qui n’est finalement qu’un muscle et a donc la nécessite d’être toujours en exercice et bien des déclarations (souvent inutiles) ont donné et donnent lieu à des polémiques (trop souvent) fallacieuses.

Exemple...

Acte 1 : Interviewé par une chaîne de télévision publique dans le cadre d’un reportage d’investigations après l’attentat du 14 juillet, le Procureur de la République de Nice a, ou aurait affirmé que :

"Il y a à peu près une soixantaine d’affaires qui ont été traitées par le parquet de Nice depuis le drame du 14 juillet et qui concerne peu ou prou la radicalisation ou le terrorisme. Donc, ce sont pour l’essentiel des faits de menaces ou d’apologie du terrorisme, de menace d’atteinte avec des allusions au terrorisme ou d’apologie de ce terrorisme avec des gens qui sont assez souvent immédiatement déférés ici au tribunal, devant le tribunal correctionnel et condamnés à des peines parfois très importantes".

Acte 2 : Christian Estrosi, 1er adjoint en charge de la Sécurité et Philippe Pradal, Maire de Nice s’insurgent :

« Nous venons d’apprendre par la presse que plusieurs projets d’attentats, visant notamment des manifestations sportives, des écoles ou des lieux de culte, auraient été déjoués sur la Côte d’Azur depuis le 14 juillet"

D’après ces mêmes médias, 515 personnes sur le département seraient radicalisées ou en voie de radicalisation, 70 à 80 affaires en lien avec le terrorisme ou la radicalisation violente auraient été instruites par le parquet de Nice depuis 2 mois et 4 à 5 attentats auraient été déjoués sur le département, visant notamment des lieux de culte, des manifestations sportives et des écoles"

Avant de stigmatiser "aucune de ces informations n’a été transmise aux élus concernés par les services de l’Etat. Comment est-il possible que de telles interpellations se produisent sans que nous ne soyons informés ?"

Dans le collimateur, même s’il n’est pas cité, le préfet des Alpes-Maritimes Adolphe Colrat qui représente l’Etat.

La conclusion frappe comme une sentence : "Quand la sécurité des Français est en jeu, il est de la responsabilité de l’Etat et de ses représentants de mettre en place les moyens nécessaires à la meilleure efficacité possible. Nous posons une question simple : Comment travailler ensemble quand aucune information n’est partagée ?".

La condamnation est nette.

Acte 3 :

Le Procureur de la République dément et évoque une "sur-interprétation" de ses paroles. "Je n’ai pas connaissance de projet d’attentat sur la Côte d’Azur", rectifie Jean-Michel Prêtre.

Qu’est-ce-qu’on doit faire ? Rire ou pleurer ?

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