Drogue à Nice : C’est pas moi, c’est lui !

Phénomène de la modernité, la consommation des drogues (cannabis, héroïne, cocaïne, stupéfiants synthétiques) a assumé une dimension internationale qui en fait le troisième produits de commerce plus rémunérateur, après ceux des armes et du pétrole.

Les chiffres sont là pour le prouver : Au niveau mondial (UNODC) , 16 millions d’usagers habituels dont 3 millions de séropositifs , 200 000 morts par an, entre 300 et 500 milliards de chiffre d’affaires.

En France, en additionnant les diverses catégories, on dépasse largement le million. Facile de comprendre comme on ne peut réduire ce fléau à un problème local, même si chacun regarde ce qui se passe chez soi..

Le préambule sert à encadrer dans sa dimension réelle une polémique récurrente : Le trafic de drogue est un gros problème d’ordre public et les drogués dérangent directement par leur présence et, indirectement, par les traces de leur passage.

Mais les drogués sont-ils des malades qu’il faut soigner ou des pestiférés qu’il faut refuser, voire isoler ?

On comprend que face à l’insolubilité du problème, la tendance est de tourner la tête pour que d’autres s’en occupent. Discours pas glorieux mais que l’on peut comprendre à titre individuel...

On comprend moins qu’un ’élu, commerçant de son état, qui au cours d’une assemblée de l’association professionnelle de son quartier, se laisse aller à des considérations de l’homme de la rue en s’emportant contre une association de soutien qui distribue les seringues pour que, au moins, les drogués évitent de s’infecter en utilisant un matériel non stérilisés et qui bien évidemment, une fois utilisées, finissent sur la chaussée ou dans les caniveaux, alors que leurs utilisateurs donnent vie à ce triste spectacle de rue dans des conditions inacceptables.

Un véritable spectacle de misère humaine, de fracture entre pauvres gens et honnêtes citoyens. Mais, que faire face à cette déshérence morale ? Personne n’a la réponse, ni la moindre solution.

Prévenir, sanctionner, les deux. Oui, mais après ?.

Dans ce brouillard, la seule chose qu’il ne faut pas faire, c’est parler pour ne rien dire sinon que des tristes banalités.

Réaction de Patrick Allemand (, président du groupe municipal Un autre avenir pour Nice : Salle de shoot de Raimbaldi , le maire responsable !

Lors d’une récente réunion du comité de quartier de Nice-Centre, le boulevard Raimbaldi a été assimilé à une salle de shoot et le travail d’une association a été mis en cause par le président d’une association de commerçants qui est également Conseiller municipal de la majorité.

Je tiens tout d’abord à rendre hommage aux travailleurs sociaux de l’association concernée dont la qualité du travail a été injustement mise en cause. Il s’accomplit en effet dans des conditions rendues extrêmement difficiles par la décision prise par le maire de Nice de fermer le CAARUD pour être agréable à quelques riverains au mépris de l’intérêt général et de la tranquillité de tout le centre ville.

Non seulement Monsieur Estrosi a échoué dans son objectif affiché de sortir les toxicomanes du centre ville, mais en plus il a rendu l’accompagnement de ces populations fragiles difficiles.

Le résultat est la multiplication des salles de shoot en plein air ou dans les sous-sols. A Raimbaldi mais pas seulement. Des toxicomanes se piquent en plein jour rue d’Italie, il a été procédé à l’installation de grilles devant l’église Notre Dame. L’insécurité gagne le hall de certains immeubles, le parking Notre Dame où régulièrement des usagers sont agressés verbalement lorsqu’ils tombent sur des toxicomanes en train de se fixer. Les abords de l’école Ronchèse sont également connus, tout cela se passe sous les yeux des enfants.

Cette situation tendue n’existait pas il y a quatre ans lorsque le CAARUD était ouvert. J’avais d’ailleurs à l’époque dénoncé cette fermeture et décrit point par point ce qui se déroule aujourd’hui.

Réaction de Gaël Nofri, secrétaire du groupe municipal Nice Bleu Marine :

Monsieur Franck Martin, Président de l’association des commerçants de Raimbaldi-Lépante, s’y insurge contre, je cite, « L’association Actes qui pourrit le quartier : elle distribue les seringues mais ne s’occupe pas des usagers une fois qu’ils se sont injecté leur dose ! ».

Or, Monsieur Martin est aussi Conseiller Municipal au sein de la majorité estrosiste. Majorité qui soutien les implantations de centres pour toxicomanes dans les quartiers niçois ; majorité qui apporte régulièrement son concours financier aux opérations engagées par l’association Actes. Plutôt que de tenir un discours va-t-en guerre contre une association -au demeurant respectable-, devant ses adhérents et de voter le contraire sur les bancs de la majorité, j’invite Monsieur Martin à mettre ses actes en adéquation avec ses discours.

Je lui propose notamment de refuser la subvention de 8.000 euros proposée par Estrosi à l’occasion du bureau de la Métropole du 10 juillet et de réclamer dans l’avenir des conventions avec les associations subventionnées permettant de protéger l’intérêt des niçoises et de niçois.

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