Economie : Les revenu universel est la bonne réponse à l’uberisation de l’économie ?

Ce sera un thème de campagne de la présidentielle : la création d’un revenu universel, qui constituerait à verser à chaque Français, de sa naissance à sa mort, un revenu mensuel de 600 à 800 euros, quelle que soit sa situation (quelle que soit son origine sociale, qu’il travaille ou pas, quel que soit son niveau de revenu, etc.).

Pour mémoire, la DREES, direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques des ministères sociaux, sortait son compte provisoire de la protection sociale pour 2015. Il se monte à 747 Md€ dépensés, dont 701 Md€ en prestations. Il y a quelques mois, l’INSEE sortait les comptes de la nation pour 2015, indiquant 800,6 Md€ pour la rémunération des salariés des entreprises. Il ne manque donc que 100 Md€ aux prestations sociales pour atteindre le montant des salaires du secteur privé.

C’est dire si les dépenses sociales devraient être soumises à une sérieuse reforme , ce qui ne sera jamais possible sans créer un plancher de base.

55% des Français interrogés se déclarent toujours opposés à la création d’un revenu universel pour chaque Français (65% en janvier 2016).

L’idée du revenu universel de la naissance à la mort a une origine très ancienne ; elle est née en Angleterre au XVIe siècle. Depuis lors, elle a été reprise par différentes personnalités politiques en transcendant les courants idéologiques et économiques.

La question qui se pose est de savoir pourquoi une telle proposition ressurgit-elle aujourd’hui ? Il faut chercher la réponse du coté de « l’uberisation de l’économie ».

Le Conseil National du Numérique, dans un rapport remis au gouvernement en janvier dernier, considère en effet que la numérisation de l’économie va entraîner un changement de paradigme sur l’emploi et bouleverser en profondeur le monde du travail en réduisant considérablement le nombre des emplois disponibles.

L’une des manières de répondre à cette situation inédite serait de créer un revenu universel en complément des salaires ou revenus pour limiter la paupérisation induite par cette numérisation de l’économie.

Cette idée qui n’est ni cantonnée à une famille de pensée économique, ni à une famille de pensée politique

Pourtant, la mise en œuvre effective de cette idée est lestée par trois handicaps à court terme :

D’abord une absence de lisibilité idéologique de l’idée. Depuis Diderot et d’Alembert, le réflexe en France est d’enfermer les idées et les gens dans des cases. Le fait de ne pas pouvoir le faire avec cette idée disruptive est un facteur limitatif à son adhésion.

Ensuite, se pose la question du financement d’un tel dispositif (qui paierait pour qui ?).
La perspective d’un financement par l’impôt à ceci d’effrayant qu’il entraîne un rejet.

Enfin, les conséquences de la numérisation de l’économie et de la transformation du monde du travail sont une réalité qui n’est pas encore partagée par l’ensemble des Français.

Nous sommes encore au début de ce processus, ce qui explique la réticence des Français.

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