Economie : l’OCDE voit rose pour la reprise de l’emploi

Le rétablissement du marché du travail se poursuit et l’emploi devrait rejoindre son niveau d’avant la crise en 2017. Néanmoins, la croissance des salaires reste faible, selon un nouveau rapport publié par l'OCDE. Le taux de chômage dans la zone OCDE devrait reculer à 6,1 % fin 2017, mais 39 millions de personnes resteront sans emploi, soit 6,3 millions de plus qu’avant la crise*.

Dans les Perspectives de l’emploi 2016, l’OCDE montre que, l’économie mondiale étant prise au piège d’une croissance molle, une meilleure utilisation des compétences et des réformes structurelles supplémentaires s’imposent pour stimuler la productivité, soutenir les créations d’emplois, améliorer la satisfaction professionnelle et relever le niveau de vie.

À la fin de l’année prochaine, la proportion des actifs de 15 ans à 74 ans occupant un emploi s’élèvera à 61 % dans la zone OCDE, ce qui est légèrement supérieur au niveau enregistré fin 2007. Dans plusieurs pays de l’OCDE, notamment l’Allemagne, le Chili et la Turquie, le taux d’emploi a déjà dépassé son niveau d’avant la crise.

Toutefois, dans certains pays européens, le déficit d’emplois par rapport à fin 2007 reste important, surtout en Espagne, en Grèce et en Irlande (à 8.5, 9 et 7.9 points de pourcentage respectivement).

La croissance des salaires reste atone dans de nombreux pays. Si l’on compare la croissance des salaires réels entre 2000 et 2007 à celle enregistrée sur la période 2008-2015, on constate aussi un net ralentissement . 2015, les salaires horaires réels dans ces pays étaient inférieurs de plus de 25 % au niveau qu’ils auraient atteint si la croissance des salaires s’était poursuivie au même rythme qu’en 2000-2007.

La qualité des emplois, et plus particulièrement la situation de certaines catégories de population, est source d’inquiétude. Ainsi, la proportion de jeunes déscolarisés, sans emploi et ne suivant aucune formation dans la zone OCDE était encore supérieure, en 2015, au niveau constaté en 2007 (15 % contre 13,5 %), la hausse subie par plusieurs pays étant encore bien plus marquée. Par ailleurs, des inégalités persistent entre hommes et femmes sur le marché du travail, et les emplois occupés par les femmes demeurent de moins bonne qualité que ceux des hommes.

Une politique adaptée en matière de compétences est essentielle pour réduire les inégalités sur le marché du travail et dynamiser la productivité et les salaires.
Il faut également, pour relancer la productivité, les salaires et la création d’emplois, adopter des réformes structurelles supplémentaires sur les marchés de produits et du travail.

Les Perspectives de l’emploi 2016 montrent qu’il est possible de minimiser voire éliminer les éventuels coûts à court terme sur le marché du travail provoqués par les réformes structurelles si ces dernières sont mises en œuvre en période d’expansion économique – et s’accompagnent d’une indemnisation plus efficace du chômage.

*Un chômeur sur trois environ est sans emploi depuis 12 mois ou plus, soit une hausse de 54,6 % depuis fin 2007. Plus de la moitié d’entre eux sont sans emploi depuis deux ans ou plus, ce qui les rend plus susceptibles d’être définitivement exclus du marché du travail.

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