Ad perpetuam rei memoriam : La rafle du Vélodrome d’Hiver

La rafle du Vélodrome d’Hiver est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 personnes, dont près d’un tiers étaient des enfants, ont été arrêtées à Paris et en banlieue pour être déportées : moins d’une centaine reviendront .

Effectuées à la demande du Troisième Reich, ces arrestations ont été menées avec la collaboration de 7 000 policiers et gendarmes français , assistés de 300 à 400 militants du Parti populaire français de Jacques Doriot, sur ordre du gouvernement de Vichy, après des négociations avec l’occupant menées par René Bousquet, secrétaire général de la Police nationale .

Le 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac rompt avec la position de ses prédécesseurs et reconnaît devant le monument commémoratif la responsabilité de l’« État français » : "La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux".

Le 22 juillet 2012, lors de la commémoration du 70e anniversaire de la rafle, le président de la République François Hollande déclare que « Ce crime fut commis en France, par la France » et que ce crime « fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs. Ces mêmes valeurs que la Résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l’honneur ».

À l’occasion de la célébration du 75e anniversaire de la rafle, le 16 juillet 2017**, le président de la République Emmanuel Macron — dans la ligne de ses prédécesseurs depuis Jacques Chirac — réaffirme la responsabilité de la France. Il déclare notamment : « Alors oui, je le redis ici, c’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile ».

*Une voix dissonante : le 9 avril 2017, c’est Marine Le Pen, candidate à la présidence de la République déclare penser que la France "n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv "

**À l’initiative de Serge Klarsfeld, le Jardin mémorial des enfants du Vél’ d’hiv’ (15e arrondissement de Paris) a été inauguré le 16 juillet 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron71.

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