Crise des « migrants » : stop à la confusion

L'association Roya a annoncé un nouvelle opération « coup de poing » avec l’accompagnement d’un nouveau groupe de 65 migrants à la Gendarmerie pour demander l’accompagnement au service d’enregistrement pour les demandes d’asile. Au-delà de la bonne foi de ces militants humanitaires et des dérives médiatiques de leur Gandhi Cédric Herrou, est-ce que ce petit jeu va continuer à l’infini ?

À ce point, quelques réflexions s’imposent...

Existe-t-il quelqu’un qui n’est pas convaincu que celle des migrants n’est pas une émergence ? Que son impact social et politique ne soit pas important ?

Non, tout le monde, gouvernants et citoyens, se rend bien compte que nous sommes au milieu dans un cataclysme historique et géographique très dur à gérer et même ingérable !

Cette perception commune de la gravité du problème rend particulièrement irritant le comportement des gens comme Cédric Herrou et ses associés qu’à un certain moment montent sur une chaise et annoncent autour de soi que la situation est très grave, qu’il est temps que quelqu’un le dise comme si personne ne le savait déjà, de plus en accusant d’inertie les autorités, l’État, l’Europe...

Comme si avant eux, on ne savait pas des filières mafieuses qui exploitent ces pauvres gens, des spéculations de tout genre autour de l’accueil, des trafics sordides qui profitent des mineurs sans défense, de l’économie de survie et de la rue de cette migration sans contrôles.

Le problème est que le dire est très facile, c’est faire face à la situation qui est difficile.

Si l’association Roya a la recette pour la solution qui ne soit une simple marche médiatisée, elle devrait la proposer. Elle sera sans doute acceptée parce que tout le monde la cherche.

Sinon, stop à la confusion !

Alors tous ces concerts de trompettes ne servent strictement à rien, la pollution acoustique est nocive autant que d’autres formes de pollution.

L’affaire est suffisamment sérieuse et grave pour qu’elle ne prenne pas les allures d’une farce.

Depuis 2015, la crise des « migrants », alimentée par les drames de l’immigration échouée sur les côtes et dans les rues européennes, est en bonne place des discussions et tensions au sein et aux frontières de l’Union européenne. Et le problème ne pourrait que commencer…

L’ampleur annoncée et la visibilité concrète du phénomène, à travers de nouvelles formes de bidonvilles et de campements dans les villes françaises, nourrissent les chroniques lacrymales (la compassion) et sécuritaires (le rejet systématique).

En tout état de cause, la crise européenne des « migrants » est certes une crise du système d’asile à une période d’effondrement de pays qui avaient connu leur « printemps arabe » et qui ont sombré dans le chaos. Il est aussi en fonction des conflits en Libye, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Soudan, avec comme conséquence l’arrivée en masse de personnes fuyant la dévastation de leur pays ou cherchant à bénéficier de l’environnement plus favorable des pays européens.

Avec ces incertitudes terminologiques, mélangeant immigration légale et illégale, demandes d’asile et situations indéfinies, on comprend bien les incertitudes statistiques sur les volumes de population concernée.*

par Garibaldino

Si l’on prend la catégorie globale de « migrant », dans le monde, selon les Nations Unies en 2013, 232 autres millions de personnes vivent en dehors de leur pays de naissance ou de citoyenneté.

Parmi es migrants internationaux, environ 28 millions sont des réfugiés, au sens juridique du terme. Deux millions sont des demandeurs d’asile.

Crédit Photo : Libération Roland Carré

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