Europe : la vague populiste l’emporte aux législatives en Italie mais pas de majorité pour gouverner. Le pays entre dans le marasme politique.

Une loi électorale complexe conçue pour créer les conditions d'une alliance entre le Parti Démocrate ( au gouvernement depuis 2013) et la droite de Silvio Belusconi a failli son but : le résultat est un pays avec les forces anti-systèmes qui sont sorties vainqueurs des urnes, le MV5S qui a raflé la majorité au sud, et la coalition de centre-droit dans le reste du pays, et particulièrement, dans les régions du nord mais avec la Ligue comme parti le plus voté à son intérieur. Le PD sort marginalisé et dévasté de cette consultation et la leadership de Matteo Renzi devient un réel problème pour ce parti. Cependant aucune majorité s'est dégagée, la loi électorale avait été conçue pour ça, et il est très problématique d'imaginer une solution à la crise de gouvernance qui s'annonce. Une alliance des populistes du M5S et de l'extrême-droite de la Ligue, est la seule possible pour obtenir une majorité parlementaire, au vu des résultats partiels. Or, les dirigeants de ces deux formations ont jusqu'à présent catégoriquement rejeté cette éventualité.

Une percée historique des forces antisytème, eurosceptiques et d’extrême droite, majoritaires en voix et en sièges après les législatives dimanche en Italie, bouleversent la donne et plongent le pays dans l’incertitude politique.

La coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit parti Fratelli d’Italia (Frères d’Italie), obtient certes quelque 37% des voix, selon des résultats partiels portant sur 2/3 des bureaux de vote.

Mais à l’intérieur de cette coalition, c’est la Ligue de Matteo Salvini, formation eurosceptique et anti-immigration, alliée de Marine Le Pen en Europe, qui est en tête. La Ligue a martelé de son côté tout au long d’une campagne émaillé d’incidents violents, un discours anti-immigration et méfiant à l’égard de "Bruxelles", qui semble avoir porté, dans un pays en proie à l’euroscepticisme et où quelque 690.000 migrants ont été accueillis depuis 2013.

Les antisystème du Mouvement 5 Etoiles (M5S) réalisent de leur côté une percée historique, devenant le premier parti en Italie avec un score frolant les 32%, quelques mois après la victoire du Brexit en Grande-Bretagne et de Donald Trump aux Etats-Unis.

Ce mouvement, fondé par le comique Beppe Grillo en 2009, avait déjà créé la surprise en raflant 25% des voix aux dernières législatives de 2013, et s’assure une position centrale dans le futur parlement si son score est confirmé.

Le Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi a de son côté confirmé dans les urnes le mauvais résultat anticipé par les sondages avec un score inférieur à 20%, soit moitié moins que celui obtenu aux élections européennes de 2014.

L’absence de majorité pour la coalition de droite, si elle devait se confirmer, contraint les leaders politiques italiens à des calculs et des tractations, qui s’annoncent longs et complexes.

Il appartiendra donc au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l’écheveau de ces résultats, dans les semaines qui suivent, et de confier un "mandat exploratoire" à celui ou celle qui lui paraitra en mesure d’obtenir une majorité devant le Parlement.

Mais ces consultations politiques officielles ne s’ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l’élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d’instabilité en Italie, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections.

Mais, en cas, il faudra voter une nouvelle loi électorale pour éviter la répétition de cette impasse et cela , avec la composition future du parlement , sera un exercice périlleux !

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