Gilets jaunes : c’est un peuple "en armes " qui à nouveau s’exprime ? Si oui, pour aller où ?

On a amplement souligné l’originalité d’un mouvement surgi des réseaux sociaux, refusant toute forme de structuration et qui en quelques semaines a profondément transformé la donne politique malgré les inconsistances et les contradictions des revendications avancées.

C’est un peuple « en armes » qui à nouveau s’exprime ?

Si oui, une double régression économique et politique s’est alors installée au cœur du débat.

Côte économique, voilà revenir aux errements d’un passé proche. Rétablissement de l’ISF, retrait de la fiscalité écologique, hausse massive du SMIC, réinstallation des services publics de proximité, suppression des taxes qui oppressent les petites entreprises… la liste des revendications est longue elle cumule hausse des dépenses et baisse des recettes, extension de l’intervention de l’état et refus du poids grandissant des réglementations. Les gilets jaunes dans leur inorganisation réinventent le programme des populistes italiens fiscophobes et dépensolâtres !

Côté politique, s’il est légitime dans nos démocraties représentatives que des citoyens expriment leur éventuel mécontentement en manifestant, en présentant des revendications au gouvernement et en s’organisant pour être entendus, il n’est pas légitime en revanche que ces citoyens considèrent aujourd’hui le pouvoir comme leur ennemi et cherchent à le renverser éventuellement par la violence. Le sans-culottisme est une épouvantable régression.

Lorsqu’on voit Laurent Wauquiez, chef du principal parti de la droite de gouvernement, enfiler un gilet jaune ou François Hollande poser avec des gilets jaunes, eux qui ont participé au gouvernement de la France et qui connaissent la difficulté de l’exercice, et lorsque l’on se rappelle les échecs qui ont été les leurs pour réformer le pays, on ne peut voir dans leur comportement que de la lâcheté et l’oubli de leur mission et de leur responsabilité.

On note ici ou là comme un plaisir pervers à contempler se dégrader la situation , comme une inconscience devant sa gravité et laisser les gilets jaunes se convaincre eux-mêmes qu’ils représentent le peuple tout entier et qu’ils ont par conséquent la légitimité, comme disaient les sans-culottes en 89, pour se ressaisir de leur souveraineté.

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message