Macron-gilets jaunes : l’arbitrage de l’opinion et de l’ancien monde

L’ensemble des mesures annoncées par le Président de la République aurait probablement mis fin à n’importe quelle mobilisation sociale classique après négociation. Mais nous ne sommes pas dans ce cas de figure.

A priori, les revendications des gilets jaunes sont tellement nombreuses et disparates que la majorité des protestataires risquent de camper sur leurs positions et leurs... ronds points. La suite de la crise va dépendre de l’évolution de ce qui a fait la force des gilets jaunes depuis le début : le soutien massif de l’opinion publique et l’approbation des institutions de "l’ancien monde" (partis, syndicats, élus locaux).

En ce qui concerne l’opinion publique, si celle-ci considère que la réponse du président est suffisante, le mouvement perdra une grande partie de sa légitimité. Dans le cas contraire, c’est la suite et même l’existence du quinquennat qui sera en jeu.

Pour "l’ancien monde", si grosso modo l’opposition massive se fissure notamment parce que les partis de gouvernement, qui n’ont pas (encore) d’alternatives crédibles, ont peur que la prolongation de la crise ne profite aux extrêmes, les gilets jaunes se trouveront isolés ou pire récupérés. Par contre, si l’hostilité au Président jupiterien continue à fédérer partis, syndicats et élus locaux, tous les ingrédients d’une crise institutionnelle seront réunis.

Franchement, en écoutant les commentaires des uns et des autres, rien n’est joué. Pourtant l’enjeu est considérable : changement de cap économico- social comme en 1983 ou crise de régime comme en 1958 ?

par Patrick Mottard

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