La démocratie des moi, moi, moi

Les Gilets Jaunes préparent activement une manifestation ce samedi dans Paris. Celle-ci est annoncée comme ultra-violente et pourrait ouvrir une crise politique majeure.

On voit mal en effet quelles réponses le gouvernement pourrait raisonnablement apporter à un nouveau déferlement de violence qui vise sa légitimité elle-même.

Rien n’exclut un mouvement tectonique majeur , qui confine désormais à une forme de sédition.

Baisse des taxes, hausse des prestations sociales, destitution de Macron... Les revendications des « gilets jaunes », absurdes ou incohérentes, montrent les limites de ce mouvement.

Lorsqu’ils sont interrogés, sur les plateaux de télévision ou au bord d’une départementale, les « gilets jaunes » réclament leur action comme étant un sauvetage, une délivrance collective. D’autre part, on voit s’alimenter à foison ce ressentiment de « french bashing » décrivant un pays oppressant et surchargé d’impôts.

Tout juste n’auraient-ils pas été appelés par un quelconque dieu, ils disent vouloir secourir les Français de la pression fiscale et de l’autoritaire Macron.

Où est leur légitimité ? Est-ce au nom d’un accord commun trouvé sur les réseaux sociaux que l’on doit organiser notre démocratie ?

Certes la démocratie c’est la liberté de penser, de s’exprimer, de manifester. Oui, manifester justement, une notion qui semble totalement étrangère aux « gilets jaunes » lorsque l’on voit pendant les opérations de blocages d’abord, puis le chaos sur les Champs-Elysées .

Une contagion à d’autres catégories ? Les lycéens protestent contre les réformes de leur ministre. Les ambulanciers continuent leur mouvement contre l’article 80 de la loi de financement de la sécurité sociale. Les syndicats de transporteurs CGT et FO ont appelé à la grève à partir de dimanche.

D’un côté, les partis d’opposition tentent de récupérer - comme ils le peuvent - les protagonistes et les idées de ce mouvement. De l’autre, la majorité semble débordée et rejette la faute sur les extrêmes toujours dans un maintien de sa dissension entre le camp du bien (progressistes ?) et celui du mal (populistes ?).

Ces différentes annonces soulignent le caractère extrêmement risqué de l’ambiance générale dans le pays.

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