La Journée mondiale des toilettes ( World Toilet Day) , enjeu major de santé publique

On est fort probablement loin d’imaginer qu’il existe un "World Toilet Day" célébré le 19 novembre... Sauf qu’en réalité il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique qui n’a rien de risible.

La journée met l’accent sur l’importance de l’assainissement et défend l’accès à la propreté et la sécurité des toilettes pour tous.

Créée à l’origine par l’Organisation Mondiale des Toilettes (en Anglais World Toilet Organisation), en 2001, la journée a pris de l’ampleur chez les partenaires internationaux et en 2013, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté une résolution reconnaissant la JMT comme une journée internationale de l’ONU (Résolution des nations UNIES A/67/L. 75)1.

En effet, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF environ 60 % de la population mondiale vit sans toilettes ce qui expose les populations concernées à la propagation de maladies mortelles.

De tout temps d’ailleurs les hommes ont cherché des solutions pour la gestion de l’assainissement. Et les lieux d’aisance, retrouvées grâce aux fouilles archéologiques et aux écrits, racontent aussi l’histoire des sociétés.

Il semblerait que les Grecs, 2 500 ans av. J.-C. aient été les premiers à équiper leurs villes de systèmes d’évacuation des eaux usées et de toilettes. Et selon l’appartenance social, des pierres polies ou mieux, des feuilles de poireaux, servaient de papier hygiénique. Astucieux et toujours bon à retenir en cas de rupture de PQ.

Les Romains ont ensuite été très à la pointe sur les latrines qu’ils aimaient publiques et collectives. Des sortes d’open space ...

Bon ensuite selon les époques, l’hygiène a connu des hauts et des bas et au Moyen-âge comme à la Renaissance, la vigilance était de mise. Le pot de chambre ayant une fâcheuse tendance à s’écraser au sol depuis les étages des habitations.

Pendant longtemps d’ailleurs, comme en Angleterre, on pouvait manger à table avec son pot de chambre dernier cri afin de pouvoir l’utiliser pendant le repas. Chic et pratique !

Mais c’est véritablement au XIXe siècle que l’hygiène s’impose, avec la prise de conscience sanitaire, l’invention de l’eau courante et l’arrivée des toilettes !

Il a été estimé en 2015 que 2,4 milliards de personnes (environ 1 personne sur 3) n’ont pas accès à un assainissement amélioré, et un peu moins de 1 milliard continue à déféquer en plein air.

La propagation de nombreuses maladies (par exemple, les géohelminthiases, la diarrhée, la schistosomiase) et la malnutrition chronique chez les enfants – qui peut être liée à une maladie appelée entéropathie – sont directement liées à l’exposition à des matières fécales humaines. Dans une analyse de 145 pays, il a été estimé que 58 % de tous les cas de diarrhée ont été causés par l’eau insalubre ainsi que le manque d’assainissement et d’hygiène (qui comprend de mauvais comportements lors du lavage des mains)3, ce qui a provoqué la mort de plus de 526.000 enfants de moins de 5 ans à cause de diarrhée liée à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH), rien qu’en 2015, soit près de 1 400 décès d’enfants par jour ou 1 enfant mort par minute4.

Il a été estimé qu’en fournissant ou améliorant l’assainissement, les probabilités pour qu’un enfant souffre de la diarrhée sont réduites à environ 7-17 %, et le taux de mortalité infantile à 5-20 %.

Les femmes dans les pays en développement expriment de plus en plus des sentiments de peur, d’agression ou de viol lorsqu’elles doivent quitter la maison pour aller aux toilettes.

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