Migration : L’Aquarius, mauvaise conscience de l’Europe

Aquarius, encore. Une fois de plus ce bateau humanitaire vogue au gré des (mauvaises) humeurs européennes, ballotté entre les ports fermés des uns et les refus d’accueil des autres.

Depuis hier mardi matin, le gouvernement, appuyé par LR et le RN, se livre à un festival de palinodies et de dérobades rappelant l’épisode numéro 1 du triste feuilleton Aquarius en juin. Nous sommes à fond pour la solidarité, mais qu’il accoste à Malte (ce qu’il va d’ailleurs faire), se récrie tel ministre, arguant du droit de la mer. Ne tombons pas dans le piège qu’on nous tend, avertit hardiment un autre. « On », sous-entendu, et chacun dans son registre, l’Italien Salvini ou l’insoumis Mélenchon.

Bref, tous les prétextes sont bons pour laisser le navire dériver, en symbole de la mauvaise conscience d’une Europe forte de 500 millions d’habitants incapable de recueillir 58 migrants. Certes, le dossier est bien plus vaste, bien plus complexe, et bien ardu, mais la volonté politique des 27 est, elle, bien absente. On veut bien accueillir au cas par cas les réfugiés, mais pas leur bateau. Comme s’il ne fallait pas qu’il se remarque trop.

La Méditerranée, Mare nostrum - notre mer - des Romains, est le berceau de l’Europe. Mais quand y flotte l’Aquarius, cela devient Mer de personne...

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