Rétablir la vérité dans le débat politique : Non, l’État n’est pas tout

Face à la montée du patriotisme identitaire dans le débat politique actuel, quelques vérités doivent être rappelées pour faire cesser les mensonges intellectuelles de certains hommes politiques qui prennent les citoyens en otage en profitant de leur ignorance. "L'ampleur de l'ignorance est sans aucun doute bien plus important que le degré de la connaissance" - dit l'érudit. Ce n'est pas une bonne raison pour en profiter et inventer des histoires qui n'ont aucun fondement réel.

L’état, tel qu’il est conçu aujourd’hui, n’apparaît qu’au XIXe siècle. Assurer qu’il a toujours existé sous une forme ou une autre n’est qu’une tentative de le légitimer par le mythe.

La polis grecque ou les empires médiévaux ne remplissent pas tous les critères pour être qualifiés d’État : un centre décisionnel disposant à la fois des moyens de coercition et de sujets se reconnaissant dans une communauté, le tout sur un territoire délimité.

Le grand empire gréco-macédonien du deuxième siècle avant notre ère ne régnait pas sur des collectivités liées entre elles par une solidarité mutuelle ou même par la perception d’un destin commun. Ses sujets n’avaient pas l’impression de faire partie de la même entité politique.

La République romaine et ensuite l’empire qui dominèrent le monde antique de la Méditerranée au centre de l’Europe et aux îles britanniques ont été toujours inclusives des populations vaincues : la définition "Civis romanus sum" valait pour tous citoyen assujetti à la "pax romana", mais chaque territoire conservait ses usages, coutumes et mêmes ses dieux. Certain empereurs vinrent même des provinces.

Au Moyen-âge, les normes sont l’apanage de la chrétienté ou du Saint Empire. La force de police, elle s’exerce dans des relations féodales très locales. Le pape et l’empereur pouvaient alors avoir une domination très large, sans gouverner effectivement qui que ce soit. Leurs sujets n’avaient d’ailleurs que peu besoin de gouvernance.

Neuf personne sur dix étaient des paysans qui devaient cultiver la terre ou mourir de faim, et donc s’autogérer. Le gouvernement intervenait pour prendre sa part, assurer une justice minimum et garantir la paix.

Pendant des siècles, le rôle principal des régnants a été de se battre pour conserver ces territoires ou en acquérir d’autres.

Louis XIV avait ainsi un demi million de soldats engagés dans toute l’Europe, mais seulement 2.000 militaires pour maintenir l’ordre dans son propre royaume.

Tous ses appels à la Patrie et au patriotisme sont le fruit , mieux le ver d’une propagande sans liens historiques, propagé aux sels fin électoraux et ne sont que la nasse pour les esprits simples, des attrapes nigauds.

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