Une question : « Migrants : à quelle échelle le dossier doit-il se régler ? » . Une réponse : l’Europe s’en charge déjà !

Suite aux faits de ces derniers temps concernant cette problématique , le quotidien local organise une conférence sur le thème de l'immigration avec la participation d'un haut fonctionnaire européen – Olivier Onidi, directeur général adjoint à la Commission européenne, chargé de la migration et de l’asile-, le porte-parole d'une association humanitaire et le maire de Breil -sur-Roya, commune particulièrement touchée pour être le point de passage des immigrés. Une très belle initiative qui apportera , nous l'espérons, un peu de lumière sur un problème géo-politique complexe qui ne peut pas être placé dans la rubrique faits divers. Et qu'il faut regarder avec un peu de perspective et non pas de limiter à la Vallée de la Roya ! Il est vrai que regarder au delà de son nez demande des efforts considérables . Allez, un peu de bonne volonté !

Des associations de défense des migrants l’accusent d’être le « chien de garde » de l’Union européenne (UE). D’autres mouvements ou partis politiques y voient plutôt le symbole d’une « Europe passoire ».

Frontex est en tout cas la preuve que les flux migratoires sont devenus un enjeu de première importance pour les États de l’espace Schengen. Créée en 2004, opérationnelle depuis 2005, cette agence de l’UE a vu son budget tripler en quatre ans pour atteindre 300 millions d’euros en 2017.

Le 16 octobre 2016, Frontex est devenu « l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes », chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. Elle est composée de fonctionnaires basés à Varsovie et s’appuie sur les garde-côtes et garde-frontières des 26 États membres de cet espace.

Son directeur exécutif, le Français Fabrice Leggeri, est en charge de sa montée en puissance et de son évolution. La crise des migrants de 2015, année durant laquelle plus d’un million de personnes fuyant la guerre ou la misère ont franchi irrégulièrement les frontières externes de l’Union européenne, a conduit à transformer un organisme voué au départ à un simple travail de coordination.

« En 2016, il y a eu 500 000 entrées irrégulières sur le territoire de l’espace Schengen, soit une baisse de plus de 70% par rapport à 2015 », commente-t-il.

Quelques notes explicatives pourront aider à mieux comprendre...

Une très bonne coopération UE-Turquie

La chute est particulièrement forte en Méditerranée orientale, entre la Turquie et la Grèce, où il y a eu 180 000 entrées irrégulières constatées, dont 150 000 avant la déclaration conjointe UE-Turquie du 16 mars 2016. Depuis le 1° janvier 2017, seules 2000 entrées irrégulières ont été enregistrées ».

Un flux en hausse en Méditerranée centrale

En Méditerranée centrale, en revanche, la situation est préoccupante. C’est la route maritime qui conduit de la Libye – et un peu de l’Égypte – à l’Italie, avec des migrants qui poursuivent souvent vers la France et la Belgique. Les marines européennes – et surtout la marine italienne – ont secouru 180 000 personnes en 2016, soit une hausse de 20% par rapport à 2015. Depuis le 1° janvier 2017, il y a eu déjà 10 000 entrées irrégulières .

Trois missions navales européennes en Méditerranée »

Dans le cadre de la prévention des naufrages et de la lutte contre le trafic de migrants, l’Union européenne mène actuellement trois missions navales en Méditerranée. Deux sont civiles, avec des missions de détection et de secours en mer : Poséidon, avec une quinzaine de navires engagés en mer Egée ; Triton, avec une demi-douzaine de navires au sud de l’Italie. Et une, Sophia, est militaire. Aussi connue sous le nom technique de EUNAVFOR Med, celle-ci mène la lutte contre les trafiquants d’armes et de migrants.

Schengen, un espace garanti de liberté, de sécurité et de justice

Selon le code frontières Schengen – le code de l’Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes -, toute personne entrée irrégulièrement sur le territoire doit en effet être enregistrée.

Les hotspots

L’Agence est aussi présente dans les hotspots, les centres où sont regroupés les migrants arrivés irrégulièrement, en Grèce et en Italie. Dans les hotspots, Frontex est présent mais aussi Easo, le bureau européen d’appui aux demandes d’asile, et Europol, l‘Office européen de police qui aide les pays membres de l’UE à lutter contre la criminalité internationale et le terrorisme. Les personnels déployés par l’agence aident la Grèce et l’Italie à enregistrer les migrants, notamment les empreintes digitales qui doivent être stockées dans le système commun Eurodac .

Un millier de passeurs arrêtés, 10 700 migrants reconduits dans leur pays dans 232 vols

Frontex n’est pas une agence anti-terroriste. Cette mission relève d’Europol. Mais elle a permis d’arrêter un millier de passeurs, de saisir 96 tonnes de drogue et des armes.

En 2016, il y a eu ainsi 232 vols qui ont reconduit 10 700 migrants hors de l’Union européenne, contre 66 vols et 3500 migrants en 2015 et seulement 39 vols en 2014. Il y a déjà eu 27 vols depuis le début 2017.

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