Harkis : la journée de la réconnaissance

Depuis 2003, le 25 septembre est une journée d'hommage pour ces victimes. A l'occasion de la journée nationale d'hommage aux harkis, François Hollande a « reconnu les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis » lors d'un discours depuis la cour des Invalides, applaudi par les représentants des harkis présents dans l'assistance.

A Nice, une cérémonie s’est tenue dans l’après-midi au Monument du Cinquantenaire en présence des autorités civiles, militaires et des associations d’anciens combattants.

Cette journée nationale tombe en pleine dans la campagne électorale pour la primaire de droite et Christian Estrosi , engagé à 100% pour Nicolas Sarkozy n’a pas manqué l’occasion pour mettre en valeur son champion : « Lors de son discours au Centre Universitaire Méditerranéen, à Nice, en mars 2012, Nicolas Sarkozy avait déjà reconnu que la France avait abandonné les harkis et avait une dette envers eux. Aujourd’hui, plus de quatre ans après cette déclaration, au cours de la cérémonie de commémoration d’hommage aux harkis, le Président de la République a tout simplement plagié ces propos en reconnaissant les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis".

Répéter solennellement ce qui fut dit lors d’un meeting ( déjà) électoral devient un plagiat ? Et pourquoi ?

Mais la plaidoirie de Christian Estrosi ne s’arrête pas là : "Je m’interroge sur la sincérité de cette reconnaissance alors même que la date du 19 mars continue d’être maintenue comme étant la date officielle de la fin de la guerre d’Algérie. Cette date constitue pour les anciens combattants, les pieds-noirs et les harkis, un déni de vérité. Je rappelle avec force que le nombre de victimes et de disparus s’est amplifié après le 19 mars 1962. La signature des Accords d’Evian, respectés unilatéralement par la France, marqua le début d’enlèvements et du massacre de milliers de civils européens et de harkis" a-t-il ajouté.

On se demande la bien fondé de cette remarque polémique qui prend un compte un autre argument et une autre date.

Au passage, Nicolas Sarkozy, qui pourtant était bien présent hier matin aux Invalides, avait déclaré la veille, lors d’un meeting à Perpignan, qui, si élu, il abolirait cette date du 19 mars qui ne convient pas aux rapatriés, un bassin électoral consistent et où il puise bien avec ses idées radicales.

A se demander pourquoi il ne l’a pas fait pendant le quinquennat durant lequel il était Président de la République.

Quant à Christian Estrosi, on le comprend bien : Il n’est pas facile de résister à la tentation d’exploiter une célébration officielle à fins électoraux.

On l’appelle, instinct primaire, n’est-ce-pas ?

Après les accords d’Evian le 18 mars 1962, 55 000 à 75 000 harkis ont, selon les historiens, été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes.

Quelque 60 000 ont été admis en France. Avec leurs descendants, leur communauté est estimée à 500 000 personnes.

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message