Manu Guerrero, le pianiste des grands

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Michel Sardou, Céline Dion, Patrick Fiori, Mireille Mathieu. Tous ces noms vous parlent par contre si je vous dis Manu Guerrero. Ah ! Là, vous froncez les sourcils. Et pourtant sans des personnes comme Manu Guerrero, ces stars au nom connu ne brilleraient que par leur voix sans accompagnement. Comme on ne parle pas assez des musiciens qui jouent dan l'ombre d'une voix, des musiciens sans qui le spectacle serait sans vie, Nice-Première a décidé de mettre sous les projecteurs, Manu Guerrero, un jeune pianiste talentueux. A tout juste 24 ans, il a dans sa discographie des noms d'artistes qui ne vous laisse pas indifférent.

Entre deux notes de son instrument à corde, il s’est accordé un silence pour nous jouer une musique « interview ».

Nice-Première : Manu Guerrero, bonjour. Votre instrument de prédilection est le piano. Pourquoi avoir choisi de faire de la musique sur ce clavier aux touches blanches et noires ?

Manu Guerrero : Ce sont mes parents qui m’ont inscrit à des cours de piano lorsque j’avais 6 ans. Au départ, c’était une activité extrascolaire, comme d’autres avec le sport. D’ailleurs, au début, je le faisais pour leur faire plaisir. J’étais pas super emballé ! C’est vers 14 ans que le virus du piano et de la musique est arrivé en voyant des émissions comme Taratata ou des concerts vidéo comme Michel Jonas, Véronique Sanson et bien d’autres. Je me sens en osmose avec le piano. Etant de nature timide, ce gros instrument m’a donné plus de confiance en moi. J’ai l’impression d’être invincible lorsque je suis assis devant le piano. De plus, j’aime un nombre considérable de musiques différentes. Le piano me permet de jouer quasiment tous ces styles de musique comparée à un autre instrument.

N-P : Votre but : « être musicien sur scène » a été atteint. Qu’est ce qui vous attire dans ce métier ?

M.G. : La Musique tout simplement. Je suis absolument « attiré » par elle. C’est vrai que depuis quelques années j’accompagne beaucoup d’artistes, donc la plupart de mon temps je suis accompagnateur, au service de la musique d’un chanteur. Mais je ne fais pas que ça. Je fais aussi des arrangements, je compose, je travaille le piano jazz et l’improvisation. Ce qui m’attire dans ce métier, c’est de passer de la variété au rock, du jazz à la musique cubaine etc.... Bref de goûter à toutes les Musiques du monde, LA MUSIQUE.

N-P : Vous avez fait vos 1res scènes dans des clubs de la Côte d’Azur. Quel souvenir en gardez-vous ?

M.G. : Ce sont les meilleurs souvenirs de ma vie ! Je le réalise vraiment maintenant. C’était ambiance « potes » et rigolade. Il n’y avait aucune pression puisque le public ne venait pas écouter les musiciens mais plutôt boire un verre. Du coup, je pouvais essayer des trucs avec mes instruments, avec les morceaux que je jouais. C’était une période expérimentale où j’ai acquis les bases de mon jeu de piano ainsi que mon savoir-faire professionnel.

N-P : Qu’est ce qui a fait qu’un jour, on passe de pianiste d’un club à un pianiste d’une star reconnue ?

M.G. : La chance ! La chance de rencontrer quelqu’un comme Pierre Jean Scavino. C’est un mec en qui on peut avoir confiance. C’est lui qui m’a aidé à me faire connaître car il était déjà pianiste de Florent Pagny, Carole Fredericks, Tina Arena et bien d’autres. Je l’ai remplacé avec Carole Fredericks et c’est là que je suis monté à Paris. Tout s’est enchaîné très vite à partir de là. J’ai rencontré pleins de gens et je suis toujours tombé sur des gens bien. Ca m’a aidé !

N-P : A seulement 19 ans, vous avez accompagné Carole Fredericks en 1999. Comment s’est faite cette rencontre ?

M.G. : Comme je vous l’ai dit, Pierre Jean Scavino m’a demandé de le remplacer avec Carole. Comme c’était en milieu de tournée, il n’y avait ni le temps ni le budget pour faire une répétition avec moi. Je devais arriver le jour du concert en connaissant le show sur le bout des doigts ! Comme si on jouait ensemble depuis longtemps. Carole savait que j’étais jeune mais elle avait entièrement confiance en Pierre Jean. Il m’a formé comme un chef pour ce remplacement. Il m’a tout appris des machines, du « midi » et des synthé. Et je me suis retrouvé sur scène sans « répet » avec Carole et le reste de l’équipe et tout s’est très bien passé. Je dois dire que Pierre Jean m’a vraiment suivi jusqu’au jour du concert pour que tout soit parfait. Ce genre de remplacement est rare. En général, les mecs vous appellent pour que vous les remplaciez et ils vous donnent un CD avec les titres et c’est tout et encore....Du coup, peu de temps après, j’ai à nouveau remplacé Pierre Jean avec Carole mais cette fois ci pour près d’un an et demi. Au fils du temps, Carole s’est occupée de moi comme une marraine en me donnant des conseils sur le métier etc....Elle a été une personne importante dans ma vie même si je ne l’ai pas connu longtemps. J’ai toujours l’impression qu’elle est là, qu’elle veille sur moi.

N-P : Aujourd’hui votre talent de musicien est apprécié par de nombreux artistes de la scène française et internationale puisque vous avez travaillé sur le dernier album de Céline Dion entre autre. Vous pouvez dire maintenant, que vous avez réalisé votre rêve ?

M.G. : Loin de là ! En fait lorsque j’étais ado, je voulais faire de la musique sur scène et en vivre. C’est chose faite. J’en suis comblé. Mais avec le temps j’ai découvert d’autres aspects de la musique qui m’intéressent énormément comme le jazz, l’arrangement en tout genre et notamment pour orchestre symphonique, la composition, la réalisation et tellement de choses. Tout m’intéresse et je ne cesse d’apprendre tous les jours. J’aimerai aller au fond des musiques que j’aime, intégrer des projets originaux. J’ai envie de faire pleins de choses ! Mon rêve ? Jouer sur scène avec Sting ! Se serait réaliser un grand rêve. Je l’apprécie énormément. Je me retrouve totalement dans sa musique. Plus généralement, je dirai que j’aurais réalisé mon rêve vers la fin de ma vie, lorsque j’estimerai avoir fait tout ce que j’avais envie de faire.

N-P : Quel est le chanteur ou la chanteuse que vous avez eu le privilège d’accompagner sur scène, en télé ou en studio, qui a le plus de complicité avec ses musiciens ?

M.G : Dans la liste des chanteurs que j’ai accompagné, il y en a beaucoup que j’ai à peine connu, pas suffisamment pour en parler en tout cas. Evidement, Carole Fredericks restera une expérience très spéciale notamment parce qu’on était en tournée à Dakar lorsqu’elle est décédée. On part a 10 et on reviens à 9 ! Ca marque. Elle était très généreuse et très musicienne. Elle aussi avait accompagné de grands chanteurs comme choriste avant de faire le trio FredericksGoldmanJones. Donc elle était proche de ses gars.

Patrick Fiori est également très proches de ses musiciens. Il a constitué une véritable bande. C’est un plaisir de travailler avec lui.Ca fait 2 ans à peu près pour moi. Il voyage avec nous, partage sa loge, on se fait des blagues mutuellement. Comme un groupe ! Et quelle voix !

Et puis il y a Lio que je connais depuis 2002. Cette femme et ce spectacle du Prévert ont été une thérapie pour moi. Je suis sortie de l’adolescence avec ce spectacle. Je n’ai jamais eu autant le trac qu’avant de monter sur scène pour un spectacle du Prévert. On est 3 sur scène. Piano, accordéon et Lio. Ce spectacle ne fonctionne que si les 3 sont en phase. Ca demande beaucoup de complicité et d’amour. Ce n’était pas évident au début car on ne se connaissait pas et puis maintenant, c’est toujours un grand moment. Pas un spectacle du Prévert ne ressemble à un autre. Il faut vraiment se donner à fond pour que ça marche. On ne peut pas faire semblant d’être là avec ce spectacle. Il y a une vraie complicité entre Lio, Patrick Brugaliere (l’accordéoniste) et moi et surtout beaucoup d’amour.

N-P : Et vous, vous êtes plutôt scène, télé ou studio ?

M.G. : La scène avant tout ! La télé, ce n’est pas trop mon truc. Tout est de la poudre aux yeux. Les moyens techniques ne sont pas évidents pour jouer en live. Mais il faut le faire et je le fais toujours avec plaisir. C’est marrant de se retrouver sur un plateau, c’est du divertissement. Et au moment où ça tourne, j’essaye de donner le meilleur de moi pour servir l’image de l’artiste et de son disque qu’il vient vendre. Je me dis que si les gens achètent le disque, se sera plus facile de partir en tournée sur scène par la suite. Mais il ne se passe pas grand chose d’exceptionnel, en général, sur un plateau de télé.

Le studio est quelque chose d’assez nouveau pour moi. J’en ai beaucoup fait cette année. C’est très différent de la scène. Cela demande beaucoup plus de précision dans le jeu. J’adore ça. On a le temps d’enregistrer quelque chose à un moment donné. On cherche, on élabore des sons, une façon de jouer. Je suis très impliqué dans ce que je fais lorsque je suis en studio. J’ai joué du piano sur 3 titres du dernier album de Mireille Mathieu et a priori, elle et moi sommes de 2 univers très différent. Et pourtant j’ai joué à ma façon tout en essayant de coller avec son style. Et je crois que ça a marché. Pendant une journée, j’étais assis devant un super piano avec de super micros dans un super studio et j’ai donné le meilleur de moi. J’en suis très fier. Le studio permet de prendre le temps et de faire les choses avec plaisir. Les mêmes choses qui seraient moins évidentes sur scène si on n’a pas trop d’affinité avec l’artiste.

Et la scène, c’est là que se passe la Musique. C’est là que je m’en approche le plus près possible. L’auditeur entend une musique qui est jouée par des musiciens au même moment. Il va ressentir des émotions qu’il ne retrouvera pas un autre soir. Sur scène, on ne peut pas tricher. On est tous ensemble, musiciens, chanteur, et on joue. On se regarde sans arrêt comme si tout pouvait arriver soudainement. La note de guitare ou l’énergie du batteur peux me faire jouer différemment ce soir-là. En fait j’adore l’improvisation et mettre les pieds sur une scène c’est improviser. Tout peux arriver, il faut réagir vite et avec du goût si possible. J’adore la scène car à chaque fois je me rapproche de la Musique en improvisant plus ou moins, porté par le public et les autres musiciens.

N-P : Je vais vous citer des noms de personnes avec qui vous avez travaillé. Donnez moi le mot qui vous vient à l’esprit dès que vous entendez ce nom.

M.G. : Comme je vous l’ai dit, je ne connais pas suffisamment la plupart des artistes que j’ai accompagné pour choisir un mot. Pour Carole Fredericks je dirai « blues », Lio « émotion », et Patrick Fiori « puissance » mais il y a un mots que je rajouterai pour ces 3 artistes c’est « générosité ».Cela dit pour les autres je n’ai jamais eu de problème de sale caractère ou d’ego ingérable. Ca s’est toujours bien passé. Pourvu que ça dure.

N-P : Votre planning pour 2006, sera-t-il aussi chargé que 2005 ?

M.G. : Pour l’instant ça commence bien. Mon planning s’est quasiment toujours fait d’un mois sur l’autre. Donc je vous dirais ça fin 2006 ! En tout cas, j’ai l’intention de m’impliquer beaucoup plus sur des projets perso qui me tiennent à cœur.

Propos recueillis par Audrey Bollaro

Samedi 3 décembre, regardez bien le Téléthon sur France 2 car vous risquerez de voir Manu Guerrero au côté de Patrick Fiori. Puis ce musicien s’envolera sur la scène pour accompagenr Lio qui chante « Prévert » à Grenoble, le 9 décembre et le 5 décembre en Bulgarie. Sans oublier le 31 décembre avec DALI à Berry au Lac.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à visiter son site :
http://www.manuguerrero.com/index.htm

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Jane Doe

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