L’ INSEE limite à 1,2% la croissance en 2016

Après le Brexit, l’élection de Trump, la victoire du non au référendum en Italie, une nouvelle période d’incertitudes commence. Avec le risque que les agents économiques soient gagnés par un attentisme dont personne ne sait encore vraiment évaluer les conséquences… Mais, incertitudes ou pas, la France semble s’engluer dans un rythme de croissance loin de ceux qu’elle a pu connaître avant la crise européenne du début de la décennie.

En 2015, alors que l’alignement des planètes - euro, pétrole, taux d’intérêt - était on ne peut plus favorable, la croissance du PIB français n’a pas dépassé 1,2%. Pendant longtemps, les économistes - et même Bercy - ont pourtant cru que cette conjonction favorable de facteurs aurait permis à l’Hexagone de sortir la tête haute après les turbulences européennes… Mais aucun des moteurs de la croissance n’est nettement reparti.

Dans sa note de conjoncture de fin d’année, parue jeudi, l’Insee annonce que l’économie française ne fera pas mieux cette année. Après le trou d’air du deuxième trimestre (le PIB avait alors reculé de 0,1%), l’Insee avait déjà revu une première fois, de 1,6% à 1,3%, son scénario de croissance pour 2016.

Cette fois-ci, l’institut l’abaisse à 1,2%, compte tenu d’une production agricole qui a souffert ces dernières semaines de la météo. Mais la mauvaise surprise de cette année vient certainement du commerce extérieur - qui a ôté 0,7 point à la croissance -, la France ne parvenant toujours pas à regagner des parts de marché à l’international.

Toujours selon l’Institut national de la statistique, un rebond robuste n’est pas attendu pour début 2017. La croissance pourrait progresser de 0,3 % au premier trimestre, puis de 0,4% au deuxième.

Pour atteindre 1,5 % de croissance l’an prochain - chiffre inscrit dans le scénario budgétaire de Bercy -, il faudrait une nette accélération sur la fin de l’année, de 0,6% chaque trimestre. Or, on ne voit pas aujourd’hui ce qui pourrait la provoquer…

Certes, les exportations devraient repartir à la hausse sur la première moitié de l’année, « à la fois pour répondre à la demande des partenaires de la zone euro et du fait de livraisons aéronautiques à nouveau dynamiques », souligne la note de l’Insee.

Quant à l’investissement des entreprises, il retrouverait un peu de couleurs après une fin d’année 2016 décevante. Les dépenses de consommation des ménages progresseraient de 0,3% sur chacun des deux premiers trimestres de 2017.

Et leurs achats de logements poursuivraient la hausse entamée cette année (+ 0,6% par trimestre). Du coup, ces chiffres font dire au ministre des Finances, Michel Sapin, que « tous les moteurs sont allumés ».

Mais le contexte, lui, n’est plus aussi bon. L’Opep et onze pays producteurs se sont engagés à diminuer leur production de pétrole afin de consolider la remontée des cours. Or, qui dit rebond du pétrole dit hausse de l’inflation.

A priori, il s’agit d’une bonne nouvelle pour la Banque centrale européenne (BCE), qui s’efforce, sans grand succès, depuis deux ans d’atteindre son objectif de 2% d’inflation, avec sa politique monétaire très accommodante. Mais, parallèlement, aucune revalorisation de salaire n’est enclenchée.

En d’autres termes, la hausse des prix va uniquement mordre sur le pouvoir d’achat et affaiblir la demande domestique avec pour conséquences une moindre demande et une activité réduite pour les entreprises tournées sur leur marché intérieur »

La hausse du pétrole rognera également les marges des entreprises. Et elle aura des répercussions sur l’industrie, notamment sur des secteurs comme la chimie, exposés à la concurrence de pays comme les États-Unis où le coût de l’énergie est plus faible. Par ailleurs, les entreprises et les ménages - sans parler de l’État - devront faire face à la légère hausse des taux d’intérêt.

Comme une bonne nouvelle au milieu de ce tableau mitigé, l’emploi marchand continuerait de « progresser solidement d’ici mi-2017, encore soutenu par les dispositifs visant à enrichir la croissance en emplois » (comme la prime embauche PME, le pacte de responsabilité…), souligne l’Insee.

En tenant compte des branches non marchandes, l’emploi total progresserait plus vite que la population active et le taux de chômage baisserait à nouveau légèrement, pour atteindre 9,8% mi-2017 en France, contre 10 % à l’été 2016.

source : INSEE

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