La lamentable affaire de la prison de Nice

La lamentable affaire de la prison de Nice infirme une idée reçue comme il y en a beaucoup en politique : un bon élu serait un « élu de terrain » au plus près de ses électeurs. C'est malheureusement souvent le contraire (je le dis avec d'autant plus de force qu'il m'est arrivé de succomber à cette facilité...).

Résultat : comme dans l’affaire de la prison, l’élu de terrain, incapable de prendre ses responsabilités et d’avoir un peu de hauteur par rapport à un interêt général dont l’horizon n’est pas borné par le trottoir d’en face de sa permanence, refuse ce qu’il appelle par ailleurs de ses vœux.

Ces élus frileux qui depuis 25 ans ont refusé 14 projets sont pourtant ceux qui prônent les vertus de la prison et de l’incarcération (cf. la polémique sur les peines de substitution proposées par la pauvre Taubira).

Mais voilà, pas chez eux (traduction en langage d’élu de terrain : pas dans ma circonscription !). Au Conseil Général, je me souviens avoir vécu le même sketch à propos des centres éducatifs fermés pour mineurs ce qui, à l’époque, avait provoqué l’ire du président Ciotti.

Et comme on ne peut quand même rouvrir le bagne de Cayenne, le Président de la Métropole, dans son souhait de ne se fâcher avec personne, propose de revenir au point zéro en reconstruisant la prison sur son emplacement actuel ! J’avais cru comprendre que ce site exigu et urbain dont j’ai été le riverain de nombreuses années posait un certain nombre de problèmes.

Alors qu’il était ministre en 2009, Christian Estrosi avait d’ailleurs exclu cette solution et évoqué un emplacement dans la vallée du Paillon... Bah ! On trouvera bien une 15e solution...

par Patrick Mottard

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