Le dossier de la prison de Nice s’enflamme

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, en visite à Nice, a lancé un ultimatum aux élus locaux pour choisir, d'ici Noël, un terrain pour agrandir la maison d'arrêt de Nice, l'actuelle étant vétuste et parmi les plus surpeuplées de France.

La maison d’arrêt de Nice, construite en 1887 pour un effectif théorique de 300 détenus, en abrite 670 dont certains dorment sur des matelas sur le sol, notamment dans le quartier des femmes.

Mais, si tout le monde convient de la même analyse, quand il faut passer à la solution ... là, c’est une autre musique.

Personne veut dans sa commune, ou dans un périmètre proche, d’un nouveau site qui ne valorisera certainement pas le quartier.

Le scénario est bien connu : dès qu’une proposition est formulée, les associations des résidents lèvent les bras au ciel, haussent la voix et menacent leur maire de le sanctionner dans les urnes à la première occasion.

Dernier en date, Saint-Laurent du Var qui s’oppose fortement à une localisation dans la zone des Iscles qui avait été indiquée par une commission technique.

"A Nice on parle de la construction d’une prison depuis 25 ans et il y a eu 14 sites étudiés", a rappelé le garde des Sceaux. "Et on est dans une situation très paradoxale où les élus locaux disent "nous voulons un nouvel établissement pénitentiaire mais on n’arrive pas à trouver un terrain".

Une déclaration qui renvoie la balle dans le camp des élus locaux et qui n’a pas plu du tout à Christian Estrosi pour lequel le simple mot "gouvernement socialiste" a l’effet d’une muleta pour un taureau.

Le Ministre de la Justice n’était pas encore rentré à Paris que le basileus local l’a rejoint en l’accusant "d’imposture".

Pour lui, c’est le gouvernement qui est en retard dans la prise de décision. La solution, lui, il l’avait proposé et c’est la rénovation et l’agrandissement de l’actuel bâtiment.

"Le 16 septembre 2014, le préfet des Alpes Maritimes m’a informé par courrier que le ministère prenait acte positivement de ma position. 2 ans plus tard, non seulement le gouvernement n’a rien fait mais en plus il renvoie sa propre responsabilité sur nos collectivités".

Le commentaire suivant est des plus acides : "Une fois de plus le gouvernement cherche à se défausser de ses responsabilités sur les collectivités. C’est la méthode du gouvernement Hollande depuis le début de son quinquennat. A quoi sert l’Etat dans notre pays s’il ne veut plus assumer de responsabilités en matière de gestion des établissements pénitentiaires. Que gère le gouvernement dans notre pays ?".

Quant à lui , il avait déjà anticipé le problème : "Je rappelle que dans mon programme régional, j’ai annoncé la création d’un fonds régional doté de 250 millions d’euros sur la durée du mandat dans le cadre d’un pacte de sécurité avec l’Etat. C’est ce fonds que la région mobilisera pour aider à l’aboutissement du projet de prison à Nice.

Conclusion : "J’ai adressé un courrier dès aujourd’hui à Monsieur Urvouas pour lui rappeler les propositions que nous avons déjà formulées afin d’obtenir un arbitrage sur ces propositions. Je me tiens à sa disposition pour établir avec lui les modalités de la mise en œuvre"- a-t-il affirmé avec la pugnacité qui le caractérise.

Le rendez-vous est donc (presque) pris !

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