Le nouvel exploitant de l’aéroport de Nice a un nom : c’est Azzurra

Un nom évocateur que celui du nouveau concessionnaire de l'aéroport de Nice : Azzurra, qui fut celui du bateau italien qui, premier dans l'histoire de la voile italienne, participa à l'America's Cup en 1983 et 1987 (représentant le Yacht Club Costa Smeralda et financé par l'Aga Khan et le patron de Fiat Gianni Agnelli).

Fruit du hasard, c’est à Nice, en 2009, lors de la première étape de la Vuitton Cup qu’Azzurra (qui régatait avec un nouveau pavillon) a remporté sa dernière victoire .

Dans le consortium qui a remporté cet appel d’offre, c’est la sub-holding Atlantia (active dans les infrastructures) de la famille Benetton (actionnaire de contrôle avec plus de 30% des actions) qui se taille la part du lion.

Atlantia (5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015), est actionnaire majoritaire de Autostrade, la société concessionnaire du réseaux autoroutier le plus important en Italie (Milan-Rome-Naples), et de ADR qui depuis 1974 gère les aéroports de la capitale italienne, Leonardo da Vinci à Fiumicino et Giovan Battista Pastine, situé à Ciampino.

Avec un trafic de 22 millions de passagers au 30 juin 2016 et plus de 140 compagnies aériennes à destination de 160 aéroports qu’il est possible d’atteindre depuis Rome, ADR est la principale société aéroportuaire italienne.

ADR détient également des parts d’Aeroporti di Genova S.p.A (Gênes), de la Società Aeroportuale Calabrese S.p.A. (Calabre) et d’Acsa (Airports Company South Africa) (Afrique du Sud).

Après trois mois de procédure, l’Etat a donc finalement désigné, le futur actionnaire majoritaire (60% des actions actuellement détenues par l’Etat) des aéroports de la Côte d’Azur ( Nice, Mandelieu, Saint-Tropez-La Mole) : ils seront gérés, jusqu’en 2044, par Azzurra, un consortium constitué par Atlantia ( 65%) un fonds italien investissant dans les infrastructures, ADR ( 10%) et EDF Invest ( 25%), une filiale de l’électricien français.

Le trio a proposé 1,222 milliard d’euros, soit vingt-deux fois le résultat d’exploitation de la société. Cette offre dépasse celle de son concurrent finaliste, Vinci Airport, associé à Prédica et à la Caisse des dépôts et consignations.

Le montant offert pour l’aéroport de Nice, le deuxième aéroport français avec ses 12 millions de passagers transportés chaque année, était relativement attendu.

Selon Bercy, les deux consortiums qui ont remporté les enchères avaient proposé non seulement les offres les plus importantes financièrement, mais également les offres industrielles les plus intéressantes.

Les collectivités locales de PACA ont toutes soutenu ce choix. Le futur concessionnaire a accepté la création d’un comité de suivi des engagements associant l’ensemble des acteurs publics locaux.

Un pacte d’actionnaires les associera aux décisions majeures relatives à la stratégie de l’entreprise et aux conditions de son développement.

Tout n’est pas terminé. En dehors d’éventuels recours, c’est l’Autorité de la concurrence qui doit à présent vérifier si ces acquisitions ne mettent pas en péril la compétition entre plates-formes aéroportuaires en France, et doit donner le feu vert pour écrire la parole fin à cette opération qui , finalement, aura fait couler beaucoup d’encre pour pas grande chose.

A Lyon, c’est Vinci Airport et ses partenaires qui ont emporté la mise aux enchères. Le groupement va débourser 535 millions d’euros pour opérer l’infrastructure jusqu’en 2047.

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