Le préfet Adolphe Colrat a pris congé : serviteur de l’Etat et non pas des élus locaux

La présence du Ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à la cérémonie de départ du préfet Adolphe Colrat était tout sauf casuelle et anodine. Il s'agissait de montrer la solidarité de l'Etat avec son représentant qui n'a pas vécu des jours faciles pris entre la tenaille d'un gouvernement socialiste et des collectivités locales fortement ancrées à droite. Et quand on est au milieu, chaque fois qu'on fait quelque chose, on est critiqué.

Adolphe Colrat a pris congé avec un message impeccable, dans lequel chaque mot, bien pesé, était digne d’un serviteur de l’Etat. Tout le contraire des nombreuses expressions publiques de certains élus locaux à son encontre, quelquefois aux tons outranciers.

La dernière, en ordre de temps, étant celle qui a suivi la communication officielle de son affectation à l’Inspection Générale des Finances dans laquelle Christian Estrosi se félicitait chaleureusement de ne plus avoir à faire avec lui dans le futur.

Chacun a ses raisons et ses opinions mais, au delà du manque de respect institutionnel et d’élégance, il n’y a aucune obligation que le Préfet soit celui qui pédale en laissant le guidon au maire de la ville-capitale du département.

Tant mieux si dans d’autres cas cela fonctionne comme ça, mais il ne faut pas confondre un cas d’espèce avec la règle.

Dans son allocution, le préfet Colrat a évité toute polémique et simplement rappelé quelques principes de base comme on peut lire ci-dessous :

"Ces valeurs (ndlr : celles de l’Etat et de la République) ne sont pas des abstractions, ou des formules rhétoriques. Elles s’incarnent dans les femmes et les hommes qui ont choisi l’une des multiples facettes du service de l’État et qui partagent l’essentiel : l’exigence d’impartialité, de neutralité, d’équité et d’unité, le respect de la règle de droit, la passion exclusive pour le service de l’intérêt général et pour le service d’autrui, s’agissant tout particulièrement de la protection de nos concitoyens et de la préservation de leurs libertés, la considération pour les personnes et les multiples partenaires avec lesquels nous coopérons, au premier rang desquels les élus de la République, que je salue avec respect et estime."

* Extrait

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