Les valeurs démocratiques et républicaines face à la "trumpisation" des esprits

Il ne faut pas le nier : cet attentat restera la pierre milliaire entre avant et après. Rien ne sera plus comme avant.

La vie reprend certes son cours et ses droits, le retour des gens sur les plages et aux terrasses des cafés et des restaurants en témoigne mais le souvenir de ce qui s’est passé ne s’estompera jamais de la mémoire de ceux qui l’ont vécu.

Chacun aurait dû participer à ce deuil national avec sobriété et dignité, avec le sentiment de "pietas" et de participation émotionnelle envers son prochain, celui que l’Evangile nomme "frère".

A ce sentiment, aurait du s’associer celui de "gravitas" de la part des élus aux fonctions publiques.

Comme disait Cicéron : "Je cherchais alors un consul, un homme qui pût du moins, comme une souche et un tronc, rester debout et porter l’enseigne du consulat".*

Hélas,ce ne fut pas le cas.

Par contre, il restera cette impressionnant manque de psychologie et d’esprit de corps de certains hommes politiques qui, dans ces jours de deuil , pendant qu’on pleurait les victimes, qu’on consolait leurs proches , qu’on soignait les blessés pour éviter que le compte s’aggrave, passaient en boucle devant les micros et caméras de télévision pour propager leurs formules creuses, toutes droit sorties d’un mauvais manuel de rhétorique.

A la place, ils auraient pu - ça aurait même été leur devoir de le faire -, comprendre et analyser les faits afin de répondre au mieux, avec des arguments rationnels et intelligents, à la démagogie et l’incompétence.

Mais non, l’occasion était trop belle pour ne pas en profiter et avancer des éléments de campagne électorale et alimenter des arguments de propagande. Décidément pour certains mai 2017 est une date trop lointaine !

Pourtant, il faudrait regarder ces heures sombres avec lucidité . La réponse n’est pas dans les mesures qui limiteraient les libertés publiques et les traditions républicaines. Quand on les place au sommet de l’échelle des valeurs, qu’on relègue les droits à un rôle contingent, on est déjà dans l’antichambre du fascisme.

On laisse aux experts et savants la querelle - dans laquelle leur ego trouve toute sa dimension -, pour établir si on est en face ou pas d’un défi islamiste. Si cela est dû à l’islamisation de la radicalité ou à la radicalisation de l’islam.

Il faut dire la vérité : ces actes de guérilla, aussi dramatiques soient-ils , n’ont aucune chance d’aboutir à des résultats stratégiques. Ils restent des abominables tueries qu’il ne faut pas adouber : renverser des gens avec un camion n’a rien d’un geste de "soldat héroïque" mais plutôt d’un "homme lâche"..

Ce qu’il faut affirmer avec force est que la France, armée de ses principes de Liberté et d’Egalité, surmontera ce défi en imposant la force de la culture démocratique, ses valeurs républicaines et collectives , et en tout premier lieu, la Fraternité.

* discours aa Sénat contre Calpurnius Pison

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