Soldes : les folies à tout prix

En ce début d'après midi, l'avenue Jean Médecin grouille de monde. Les mêmes gens que d'habitude -des pauvres, des riches, des "fashion victims", des jeunes tout droit sorti d'un clip de "hip-hop", des mères de famille accompagnées de leur tribu, des noirs, des blancs, des jaunes- , seulement en plus grand nombre que d'habitude. Ce sont les soldes !

La baisse annuelle des prix, rassemble toutes les catégories
socioprofessionnelles de la population. Et donc même les plus défavorisés
s’en donnent à coeur joie.

Suivons par exemple cette famille d’RMIstes, qui a acceptée de me laisser
entrer, ne serait-ce qu’une petite heure, dans leur course effrénée à la
recherche de la bonne affaire. Il y a le père Gérard, qui suit sa femme
"parce que c’est elle qui décide", il y a Sandrine, la maman qui décide
donc, et qui sait où aller car "ça fait 1 mois" qu’elle prépare cette
sortie, et il y a les quatre enfants. Le plus petit, Jérôme, 6 ans, "ne veut
rien" mais suit sa mère car elle décide, puis des jumeaux de 9 ans,
Géraldine et Sébastien, qui veulent la même chose que leurs camarades
d’école, les mêmes habits, le même cartable, et enfin le plus grand, Xavier
qui a 12 ans et qui rêve d’avoir des "Nike Air".

Les parents sont-ils prêts à dépenser tant d’argent pour des caprices
d’enfants ? "Ben, oui, on essaie de leur faire ce plaisir au moins une fois
par an ! ", répond la maman. Et justement pendant les soldes. Cette période
permet plus ou moins de gommer les différences sociales, du moins pour les
enfants. Dans ce magasin de vêtements chacun choisi un article avec l’aide
et les conseils de Maman, et Papa en retrait, muni d’une petite calculette
de poche, additionne en grimaçant. Arrivée en caisse, la famille pose ses
achats et le père doit payer 129 euros, "c’est beaucoup" souffle-t-il.

Les
enfants fatigués d’avoir pleurer car il a fallu faire un choix, la maman
fatiguée d’avoir dû les empêcher de prendre trop, le papa fatigué d’avoir
traîné derrière ; tous sortent de ce grand magasin. Je les remercie
chaleureusement, et pars dans le sens inverse. Je me retourne et les vois
entrer dans le Foot Locker décoré d’écritures SOLDES GEANTES !!, bondé de
consommateurs voulant les mêmes Nike Air.

Nicolas Derrstroff

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