Christophe Pinna : « le sport au service de mes convictions »

Le quadruple champion du monde de karaté a porté bien haut les couleurs de la France dans sa discipline. Lundi 3 Juillet, Christophe Pinna a été remercié pour ses services sportifs, décoré de la croix d'officier de l'ordre national du mérite. La cérémonie s'est tenue sur la Plage du Beau Rivage à Nice, et a réuni un bon nombre de personnalités autour de la cause sportive. Ce sont néanmoins des causes d'humanité et de solidarité que le karateka niçois a préféré mettre en avant.

Reconnaissance. Celle d’un pays, de sa ville natale, celle de ses pairs sportifs. La cérémonie débute par un discours au ton quelque peu déplacé d’André Bonny. L’Officier de la légion d’honneur et Commandeur de l’ordre national du mérite se lance dans une plaidoirie patriote d’un autre temps, fustigeant « des sportifs qui ne chantent pas la marseillaise », à l’heure où l’équipe de France de football est soutenue par tout un peuple.

Il énumère ensuite le beau palmarès du champion azuréen puis évoque une de ses qualités premières, la bonté de cœur. Après sa décoration et une chaleureuse vague d’applaudissement, Christophe Pinna prend la parole pour redonner à la soirée une couleur plus proche de ses convictions. Il s’explique de manière persuasive sur sa volonté d’utiliser le sport à des fins éducatives, de solidarité, d’échange, de bien être. Des vertus que l’on reconnaissait déjà à la pratique du sport. Rien de nouveau, rien de transcendant. Sauf qu’avant de le dire, Christophe Pinna le fait. Son club « Nice Elite Sports », dédié à l’apprentissage du karaté et des arts martiaux en général, offre la possibilité à toute personne ne pouvant payer la licence de suivre gratuitement les cours. Il a œuvré dans les quartiers niçois dits difficiles, des Moulins à l’Ariane, pour redonner confiance à des jeunes en difficultés, les écarter de la drogue et de la délinquance. Il a prêché le retour sur les bancs de l’école des plus petits, stimuler l’envie de travailler des plus grands.

Son frère, Jean Marc Pinna ne cache pas sa fierté pour celui qu’il décrit comme « le meilleur des petits frères ». Il raconte le désarroi d’un enfant corse, handicapé moteur, dont les parents, eux-mêmes handicapés, ne pouvaient pas s’occuper correctement. « Mon frère a réagi immédiatement. L’enfant avait besoin d’un équipement spécifique que les parents ne pouvaient pas s’offrir. Il leur a fait parvenir quelques jours après, sans demander rien à personne, sans avertir personne ».

Christophe Pinna partage même les applaudissements. Il invite par la suite nominativement tous ses amis sportifs à le rejoindre. Parmi eux, Bruno Bellone, Franck Esposito, Eric Roy, Loïc Leferme, Jean Camille Auillac. Il présente une nouvelle amitié, celle avec Pascal de la star’ac, née de sa participation au cinquième opus de l’émission de téléréalité en tant que professeur de sport. Le chanteur niçois pousse la voix. Le public est ravi. La fête peut commencer. Petits fours et coupes de champagnes se dégustent dans un climat très familial. Le nouveau décoré est très disponible. Il pose tout sourire avec sa femme et son bébé, ou accompagné de quelques invités de charme : Miss Côte d’Azur, sa première dauphine et les hôtesses de l’agence Magic Model. Un seul bémol, la non présence de son père qui se repose sur l’île de beauté, et qui n’a donc pas pu participer à la fête pour des raisons de santé. « Bien sur, il aurait été fier... », affirme le Chevalier de l’ordre national du mérite. « Il est déjà très fier », atteste son frère.

Les personnalités politiques ne manquaient pas, mais ce soir, ils sont restés discrets. Parmi les invités, le représentant du maire de la ville de Nice et Christian Estrosi. Christophe Pinna avoue : « J’ai des amis en politique. Mais ça ne m’intéresse pas. Ils sont trop loin de la réalité. Je préfère l’action réelle, sur le terrain, celle qui fait avancer les choses ». Sur une possible carrière en politique : « Non, vraiment ça ne m’intéresse pas. Au sujet de sa décoration de ce soir, il ajoute : « En réalité, je m’en fous, je mets le sport au service de mes convictions, ce qui m’intéresse c’est de pouvoir agir et faire changer les choses dans ma ville et pour les miens ». Pas de politique alors... ?

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