Conseil départemental : un budget 2018 inscrit dans la continuité

Le conseil départemental a voté le budget 2018 dans un conteste de difficulté politique quant à son existence et rôle dans l’avenir : coincé entre la région et les métropoles ou inter-communalités risque , cette collectivité risque de dévernir le Petit Poucet.

Et comme le dit bien Francis Tujague , élu communiste d’opposition, " le volet social tout seul ne fait pas une collectivité".

Dans l’attente de l’évolution du débat , majorité et opposition sont unanimes à défendre la valeur de cette collectivité de proximité.

Charles-Ange Ginesy qui signait son premier budget en tant que président ne s’est pas écarté de la ligne de son prédécesseur Eric Ciotti , : celui de 2018 sera un budget "responsable".

Il sera articulé autour de la stabilité fiscale ( la taxe foncière sur les propriétés bâties reste à 12,42%) ; de la stabilité des charges de fonctionnement à la hauteur de 916 mio d’euros ; de la poursuite du désendettement à 811 mio d’euros ( plus de 100 mio dans les derniers 4 ans) ; la poursuite des investissements pour 220 mio d’euros.

"Ce que faisons aujourd’hui - "et ce que nous avons fait depuis 2009" - sont les seuls choix possible pour que notre institution reste forte"_ a-t-il dit sous l’oeil vigilant d’Eric Ciotti , toujours présent et vigilant en qualité de président de la commission des finance.

Le président du Conseil départemental a ensuite exposé les plus importants projets de l’année à venir : la Santé , à sa 10e édition ( 180 projets financés pour une somme de 27 mio d’euros) ; également le programme AIME qui finance les investissements des agriculteurs auquel s’ajouté ’06 à Table’ pour l’approvisionnement des cantines des collèges.

Et encore, le plan Collège Avenir avec 425 mio d’euros investis depuis 2004.

Le volet social , compétence première du département, est aussi au premier plan : côte RSA, ce sont 23000 bénéficiaires (sur 71000 chômeurs déclarés) ; côté seniors, c’est toute une palette d’interventions et moyens qui est mis en oeuvre, en premier lieu l’hébergement en établissements Ephad publics et privés, la prise en charge de 15000 qui restent à leur domicile, l’animation de la vie sociale des aînés, facteur de prévention de tout première importance. Ce sont 531 mio d’euros qui lui sont alloués.

La solidarité territoriale est un autre chapitre : 72 mio sont prévus pour les interventions en 2018, après avoir dépensé 550 mio pour les projets communaux et intercommunaux.

Les participations ( et financement) des agences CRT ( tourisme), SICTIAM ( très haut débit) , SMIAGE ( lutte contre les inondations) montrent la voie de la mutualisation des moyens et le rassemblement des forces .

Charles-Ange Ginesy , s’il revendique la cohérence et la continuité, il sait que dans l’action publique, il faut avancer...voici donc deux nouveaux "chantiers-défis" qui vont s’ouvrir : Smart Deal pour digitaliser l’ensemble des compétences et répondre aux besoins du territoire par un guichet unique dématérialisé ; Green Deal qui concernera les projets environnementaux . Des experts seront à pieds d’oeuvre pour les analyser et préconiser les pistes d’intervention .

Le débat qui suivit a été apaisé : le nouveau président du Conseil général sait comment amadouer ses opposants. Son style est rond , à l’opposé de la raideur de celui qui l’a précédé dans le même fauteuil. C’est un élu de proximité et il n’a pas des ambitions nationales pour le conditionner. En homme de terroir il sait que dans les relations humaines, la vaseline vaut mieux que l’abrasif...

La socialiste Maire-Louise Gourdon , en faisant "référence aux solidarités humaines et sociales" s’est limitée à lui reprocher de "ne pas faire mieux dans le domaine crucial du bien vivre".

Même cloche de la part de Francis Tujague (PCF) qui déplore la " réduction massive des dépenses publiques dans le cadre de la libéralisation sans limite que vous revendiquez au plan national, mais dont vous vous plaignez quand il s’agit de gérer notre collectivité. Recul des services publics nationaux et locaux qui en résultent".

L’une et l’autre ( et leur double) ont voté contre le budget : on s’oppose comme on peut.

Le groupe autonome "Ensemble " a confirmé son soutien au nouveau président par la voix de son speaker Charles Scibetta. On savait déjà qu’il n’y avait pas de fracture entre les deux composantes de la majorité, ce vote vient à le confirmer.

La partie se joue ailleurs, les fantassins servent juste pour occuper le terrain.

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