Elections départementales de Les Républicains : Eric Ciotti l’emporte et s’empare du parti

Une élection joué à l'avance, Eric Ciotti étant le seul candidat en lice pour la place de président. Une élection à laquelle le député niçois a voulu donner une signification politique, celle de la clarification au niveau local de la ligne du parti. Pour lui, la droite doit être une droite qui regarde vers l'extrême droite, sans atermoiements dans l'opposition au président de la République et à son gouvernement. Le contraste avec l'option "progressiste" de son rival Christian Estrosi est total : pour lui, il est hors du parti. Le résultat de cette élection ( 68% de votants, 88% se sont exprimés en sa faveur) le conforteront dans ses convictions et le pousseront à chercher la victoire décisive pour s'emparer de la mairie de Nice à l'occasion des élections municipales en 2020.

Assuré de gagner toutes les circonscriptions hors Nice grâce à l’allégeance des barons locaux , Eric Ciotti a attaqué le territoire métropolitain ( Nice et le moyen et haut pays compris dans la 5è circonscription). Ses trois candidats au poste de délégué de circonscription ont largement battu ceux d’appartenance "estrosienne" ce qui lui a permis d’affirmer quand les résultats ont été connus : " Ce soir nous remportons l’ensemble des circonscriptions des Alpes-Maritimes dont les 3 niçoises. À Nice les valeurs et la clarification ont gagné. ​Merci pour cette victoire : nous allons reconstruire ensemble les Républicains dans notre département !".

Les battus ont répliqué en dénonçant des fraudes massives.

Ils s’en expliquent par un communiqué à triple signature : "Le chiffre de la participation exceptionnellement élevé à plus de 70% sur Nice nous laisse tout particulièrement interrogatifs. En effet en 2016, nous comptions 42% de participation pour les derniers élections internes et lors du duel COPE/FILLON qui avait donné lieu à une bataille d’adhésion sans précédent jusqu’à ce jour, la participation nationale était de 54%.

Nous regrettons que le scrutin papier sans procuration que nous avions demandé à l’organisateur des élections n’ait pas été retenu. Seul ce scrutin aurait pu garantir une élection sans contestation. De nombreux militants nous ont fait part de multiples irrégularités tout au long du processus électoral et de difficultés pour voter aujourd’hui".

La conclusion ouvre la porte au doute : "Cela rend cette participation très étonnante et nous laisse penser qu’une fraude massive a été organisée. Par ailleurs, que penser face à l’absence de résultats plus de 2H30 après la clôture du scrutin électronique ?

En effet, comment croire à des résultats si surprenants avec des scores si éclatants ?

Certainement le groupe Ciotti aura mieux organisé la présence aux urnes de ses soutiens mais comment nous faire croire que dans la 3è circonscription Stanislas André ( 68%)- qui n’a pas de mandats dans une collectivité- surclasse la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone qui jouit d’une large notoriété et d’une appréciation unanime ?

Et que dire du résultat dans la 1re circonscription qui voit Auguste Verola (75%) obtenir un score triple de celui de Pierre-Paul Leonelli (25%) ?

Ainsi que l’affirmation nette de la pasionaria Christelle D’Intorni ( 64%), maire de Rimlas, un village d’une centaine d’habitants, contre la députée Marine Brénier ?

Bien sur, qui a voté Eric Ciotti aura aussi voté ses candidats et celle-ci peut être une explication , mais seulement partielle.

Le doute est permis, surtout pour une élections où on votait massivement par internet.

Une demande est licite : il y avait-il une autorité indépendante pour valider le déroulement des opérations de vote et les divers scrutins ?

Le souvenir de l’élection pour la présidence nationale en 2012 où Nice fut à l’honneur à tel point que certains résultats furent annulés, devrait être prémonitoire.

D’autre part des anomalies étaient déjà présumées : quand on passe de 7000 membres du parti à l’été à 10620 à fin septembre , comment ne pas y voir des traces d’enrôlement forcé ?

Parce que si ces adhésions étaient spontanées, il faudrait vendre la méthode au Vatican en crise de vocations !

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