L’application Reporty "éteinte" par la CNIL

Mis en service ( à titre d'expérimentation) à partir du 15 janvier dernier, le logiciel Reporty ( une start-up dont le président est l'ancien premier ministre de l'Etat d'Israel Barud Barak , récemment reçu avec tous les honneurs par Christian Estrosi à l'hôtel de Ville) permet aux habitants de filmer des actes d'incivilité. Il était dans la disponibilité de 2000 personnes choisies parmi les employés municipaux et d'autres qui dov(r)aient alerter la police. On ne connait pas à ce jour le résultat de ce test. Pour l’opposition municipale, cette application, promue par Christian Estrosi , toujours fasciné par les méthodes sécuritaires israéliennes , n’est ni plus ni moins que de la « délation généralisée ».

Au delà de toute polémique entre les partisans du tout sécuritaire et ceux pour lesquels la liberté individuelle prime, la CNIL a sifflé la fin de l’expérimentation aux motifs que "la loi ne permet pas, à ce stade, l’utilisation de ce type de technologie".

N’aurait-il pas été plus avisé de demander un avis avant de se lancer dans un projet à la limite ?

Un sérieux camouflet pour le Maire de Nice qui est carrément parti par la tangente dans sa réaction : " Une nouvelle fois, sans réelle explication, ni motivation, la CNIL s’oppose aux initiatives prises en matière de sécurité en brandissant la protection des libertés individuelles comme étendard, sans s’intéresser à ceux qui subissent chaque jour des agressions sur leurs propres libertés".

On se demande pourquoi cet amalgame entre deux principes également importants.

La suite est encore plus savoureuse : "J’entends déjà les opposants de gauche crier victoire sans même s’interroger sur l’opportunité et l’efficacité de ce dispositif. Mais qu’ils ne se méprennent pas ! Ce sont les terroristes et ceux qui veulent porter atteinte à notre démocratie qui bénéficient de cette décision. En tant qu’homme de droite, je considérerai toujours qu’on ne gagne pas la guerre avec les lois de la paix et qu’il nous faut nous adapter en permanence pour combattre la délinquance et le terrorisme qui eux évoluent chaque jour".

Mais Christian Estrosi pointe l’interdiction du CNIL ou son image écornée vis-à-vis de ses opposants ? et pourquoi associer le terrorisme aux incivilités que cette application dev(r)ait de signaler à la police ? Il faut tout de même espérer que la lutte aux terrorisme ne se résout pas à Reporty et que bien d’autres moyens d’intelligence , de technologies et d’intervention soient mis en place.

Sur un point la position du Maire de Nice est plus que juste. C’est quand il rappelle l’opportunité que c’est au niveau de l’Union Européenne, que les règles doivent être établies et cohérentes.

"Pourquoi ce qui est juste en Grande Bretagne, en Belgique ou en Allemagne serait condamnable en France ?"- s’interroge et interroge Christian Estrosi.

Son auspice, il a saisi le Ministre de l’Intérieur à cet effet, est "q’une autorité européenne soit réellement créée en lieu et place de la CNIL, et que les recommandations de cette entité s’appliquent, de manière harmonieuse, dans l’ensemble de l’espace Schengen".

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