L’enquête sur le financement de la salle de culte de l’association En Nour est classée sans suite par le Procureur de la République : fin de la saga ?

La nouvelle a certainement fait plaisir aux nombreux fidèles qui étaient réunis ce matin -vendredi jour de prière- dans les locaux d'En Nour , rue Pontremoli, devenus le symbole de la "lutte" entre le maire de Nice et cette association cultuelle. L'histoire est longue et quelque peu complexe et elle a été rappelée à plusieurs occasion : en synthèse, il s'agit d'un bras de fer entre Christian Estrosi et les dirigeants d'En Nour qui s'est nourri , dans le temps, de plusieurs épisodes de nature administrative. En fait, le maire de Nice ne tolère pas que cette association s'organise et développe son activité en dehors d'un encadrement convenu avec lui - comme , au contraire, font d'autres associations de culte musulman. Avec constance , après avoir contrarié les autorisations préfectorales, il a essayé d'exproprier ce lieu pour le destiner à d'autres activités publiques ( crèche, puis espace de co-working), accusé l'association de propagande radicale, puis de financement illicite. Pour éviter toute critique d'empêcher la pratique du culte à la population musulmane , il a octroyé un terrain - pas loin de celui contesté de la rue Pontrémoli- à une association constitué ad hoc ( La Fraternité) par ses interlocuteurs de confiance qui font partie de l'association inter-religieuse Alpes-Maritimes Fraternité. Le classement sans suite de l'enquête- restent à vérifier des probables irrégularités administratives*- mettrons un point final à une situation qui n'aurait jamais du prendre l'importance qu'on a voulu lui prêter et cette notoriété ?

Le procureur de la République Jean-Michel Prête a déclaré officiellement
que l’enquête° confiée à la division économique et financière de la police judiciaire a été complété par des investigations de TRACFIN et il n’y a pas d’infraction pénale caractérisée, tant lors de l’achat du local par un ministre saoudien que lors des travaux, pour un montant de 760.000 euros.

Le Maire de Nice a réagit en réaffirmant "qu’il n’est pas acceptable dans notre pays qu’un lieu de culte puisse être détenu par une puissance étrangère qui ne respecte pas les valeurs de la République Française"- en faisant ainsi explicitement allusion au saoudite propriétaire du lieu et qui est ou était Ministre du Culte de l’Arabie Saoudite.

Une déclaration qui mériterait d’être mieux expliquée pour comprendre l’amalgame entre une propriété privée donnée à une association- elle aussi régulièrement enregistrée- la monarchie saoudite ( "puissance étrangère") qui est reconnue par la France avec laquelle entretient des rapports diplomatiques ( et bien d’autres !), et le non respect "des valeurs de la République Française"- sans mieux préciser quels seraient les actes et les griefs qui motiveraient cette grave accusation.

"C’est la raison pour laquelle je signerai dans quelques jours un bail avec l’association « Centre Cultuel des Musulmans de Nice – La Fraternité » qui bénéficie de la part de l’autorité préfectorale de la reconnaissance de son caractère cultuel au titre de la loi de 1905, et qui respecte les conditions posées à l’époque par le Préfet Colrat pour l’ouverture d’un lieu de culte, à savoir je le rappelle, l’absence d’influence d’un Etat étranger, la collégialité dans la gouvernance et les respects des principes républicains. » a communiqué le maire de Nice.

On ne peut que souscrire à cette décision qui mettra fin à cette "guéguerre" : chacun aura son lieu pour exercer son influence et propager sa bonne parole aux fidèles.

Peut-on espérer que chaque association laissera de côté les rivalités et les intérêts - et oui, ils existent bien - qui ont pourri ce dossier ?

Inaugurée le 9 juillet 2016, la mosquée En Nour située à l’Ouest de Nice dans la plaine du Var, accueille jusqu’à 800 fidèles, ce qui en fait le plus grand lieu de culte de la ville.

°La Mairie de Nice avait déposé, le 2 février 2017, un signalement au procureur dans le cadre de l’article 40 du code de procédure pénale.

*L’enquête a mis en évidence de possibles d’abus de biens sociaux pourraient tout de même donner lieu à des poursuites de dirigeants d’entreprises.

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