La majorité municipale passe à l’attaque contre l’association En Nour : après des années de déception , cette fois-ci sera la bonne ?

Cette histoire de la soi-disant mosquée ( en fait, il s'agit d'un lieu associatif et de culte qui manque des caractéristiques normalement reconnue pour être défini "mosquée", un premier lieu le minaret ) est devenue le "Dallas" niçois. Comme toutes les séries , elle peut être prolongée dans le temps , alimentée par des nouveaux épisodes. C'est , plus ou moins, ce qui est en train de se passer...dans la plaine du Var. Le fait est que ,Christian Estrosi il n' a jamais digéré cette "mosquée", ouverte contre sa volonté , même si fut la municipalité ( lui déjà maire) a signer les autorisations pour autoriser les travaux de rénovation et mise en état de cette ancienne cantine d'entreprise. Christian Estrosi nie de l'avoir su à choses faites , mais son ancien 1er adjoint Benoît Kandel ,en charge à l'époque de ce dossier (aujourd'hui conseiller municipal d'opposition) , affirme de n'avoir rien fait sans l'autorisation du Maire. Depuis toutes ses tentatives d'empêcher cette initiative de l'association En Nour , financée par un riche saoudien qui est à présent Ministre du Culte du royaume , ont échouées. Le préfet Colrat ( la bête noire de Christian Estrosi ) n'avait pas retenu la demande de déclaration d'utilité publique formulé par la municipalité , décision qui aurait permis l'expropriation des lieux pour les rendre disponibles pour la construction d'une crèche, comme l'avait réclamé le maire de Nice. Le Tribunal administratif et le Conseil d'Etat ayant débouté les recours de la municipalité contre l'autorisation de l'ouverture de la mosquée, le maire se refusa de signer l'acte, le préfet Colrat s'y exécuta conformément à l'obligation imposé par la loi. C'était il y a un an... Entre-temps le préfet Colrat a été remplacé par le préfet Leclerc , qui lui semble pencher vers les "desiderata" de Christian Estrosi ou tout au moins avoir l'oreille attentive.

On sait qu’une des meilleurs expressions publique de Christian Estrosi est " je ne lâcherai rien !" , paroles qu’il prononce avec un ton de voix qui souligne bien sa volonté indéfectible de réussir tout ce qu’il entreprend.

Comme on dit , des paroles aux actes...

Bref, l’association En Nour a été bombardé de soupçons : interpellation de Tracfin pour supposés financements opaques , soupçons de présence d’un fiché S dans son conseil d’administration, dépôt au Tribunal d’une demande d’enquête pour irrégularités administratives des travaux de rénovation etc.

A ce jour, aucune de ces plaintes a eu suite.

Mais Christian Estrosi est un homme tenace ( un deuxième slogan , également tonitruant , est " je fais ce que je dis".) et il a peut-être trouvé la clé pour arriver au but de son projet.

Comment ?

Dans une récente interview publiée dans le quotidien local , le préfet Leclerc , tout en faisant preuve d’une prudence de Sioux, a laissé entrevoir une piste..."s’il y avait un nouveau projet, s’il y avait une alternative comme lieu de culte, alors je pourrais examiner la nouvelle demande de la municipalité- a-t-il dit ou laissé entendre.

La condition de propriété, exigée par son prédécesseur comme preuve tangible d’indépendance de l’association par rapport à une supposée influence étrangère, était déclassée de "indispensable" à "non suffisante".

Et voilà la délibération du Conseil municipal de hier qui ajoute à la crèche , un espace de co-working ( le nouveau projet) , et voit sortir des cartons le plan qui prévoit la construction d’un lieu cultuel de 1000 m2 de surface dans une autre zone de la plaine du Var. Voilà que deux associations musulmanes qui font partie de Alpes-maritimes Fraternité , et qu’on sait proches de la municipalité, déposent les statuts d’une nouvelle association ( agrée par la Mairie) qui serait gérante de cette nouvelle organisation.

Les dés sont jetés et d’après les paroles de Christian Estrosi lors du débat , il semblerait que cette piste soit la bonne.

De plus, selon lui, le legs qui avait attribué à En Nour le titre de propriété du lieu, ne serait jamais intervenu ( et ce malgré la précédente information qui faisait état de cet acte à l’Ambassade de France à Ryad), ce qui donnera un coup à la crédibilité de l’association En Nour qui l’avait ’annoncé.

Dans ce cas ce serait une arnaque , mais de qui ? Du Ministre du Culte du Royaume de l’Arabie Saoudite ? De l’Ambassadeur de France à Ryad ? Compte tenu du rang de ces personnes , il semble peu probable.

Et puis, une vérification devrait être assez simple, n’est-ce-pas ? Elle a été faite ?

Voici pourquoi on peut évoquer Dallas et toutes les combines qui furent le trait caractérisant de la série télévisée et à l’origine de son succès !

En tout cas, dans le cas où les indices actuels seraient confirmés par les faits, il resterait un seul obstacle : l’opposition de l’association En Nour à ne pas se laisser faire.

On peut déjà prévoir un contentieux juridique qui fera des heureux : les avocats pour des raisons pécuniaires .

L’opposition a stigmatisé la démarche du Maire de Nice mais, très minoritaire , elle n’a pu que se limiter à quelques belles phrases :

"On veut faire la peau de l’association En-Nour, sparadrap du capitaine Haddock qui colle aux doigts de M. le maire", pour l’écologiste Juliette Chesnel-Leroux.

Dominique Boy-Mottard (groupe "Radical et divers gauche") : "L’ancien préfet avait posé des conditions qui semblent aujourd’hui remplies. Ce dossier a été mal géré dès le départ."

Le socialiste Patrick Allemand (groupe "Un autre avenir pour Nice") "Depuis un an que cette mosquée est ouverte, il n’y a pas eu le moindre incident. La mosquée En-Nour est un lieu exemplaire de tolérance, d’ouverture, de vivre-ensemble", a plaidé l’opposant. "Et depuis quand le co-working est-il d’utilité publique ?"

Marie-Christine Arnautu (Front national) en a profité pour demander l’expropriation des salles de culte de la rue Suisse et de Roquebillière, et en s’adressant ironiquement au Maire de Nice lui a rappelé : une DUP n’est pas nécessaire parce que ces espaces sont déjà de propriété de la mairie

annoncé son intention de voter pour, mais "sans illusion sur votre incohérence et l’hypocrisie de cette démarche. Nous sommes hostiles à tout financement étranger ou public, et refusons donc votre projet alternatif sur un terrain municipal."

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