La Métropole s’engage à fond pour une transition écologique et solidaire

Le conseil métropolitain était appelé à examiner et voter un plan écologique composé autour de 8 axes et composé de 31 actions. On pouvait craindre un débat animé mais au final tout s'est passé calmement , le vote final témoignant une quasi-totalitaire adhésion à "la volonté écologique" , -c'est la définition de Christian Estrosi-, lors de la délibération de ce plan de transition énergétique qui va dans la direction d' un modèle de développement durable.

On pouvait craindre un débat animé mais au final tout s’est bien passé, le vote final témoignant une quasi-totalitaire adhésion à "la volonté écologique" , c’est la définition de Christian Estrosi, lors de la délibération du plan de transition énergétique .

Même le pyrotechnique Conseiller écologiste Fabrice Decoupigny, dont on pouvait craindre les sympathiques exubérances, s’est limité à quelques ponctuations par ci et par là.

Dans ce "climat" apaisé , la partie la plus novatrice , la signature du Pacte Finance-Climat n’a pas trouvé écho dans l’opposition ( 2 voix contre -RN- et 3 abstentions- DvD).

Présenté par deux experts , le climatologue Jean Jouzel et l’économiste Pierre Larrouturrou , cet appel, déjà signé par 93 députés et 300 personnalités, a comme objectif la création d’une banque pour le climat au niveau européen , avec des fonds estimés à 2% du PIB de chaque pays et financé par un impôt européen sur les dividendes des grands groupes industriels et financiers. Cette opération permettrait d’intervenir avec le nécessaire impact sur la situation en finançant des projets ambitieux.

Un projet pas facile à mettre en place qui s’apparente à une croisade mais qui qui peut s’appuyer sur la pression d’une opinion publique de plus en plus sensible à ce thème : " l’Académie des Sciences a reconnu à l’unanimité que le réchauffement climatique est originé de l’activité humaine" - a précisé Jean Jouzel , qui a ouvré pendant 13 ans en tant que co-directeur du Groupe international d’Experts sur le Climat- " c’est donc à lui de porter remède".

Christian Estrosi a profité de ce débat pour rappeler que le Plan Climat 2019-2024 est en cours d’élaboration et sera présenté au Conseil métropolitain au 1er trimestre 2019.

Concernant les autres nombreux énoncés et propositions ( 8 axes et 31 actions au total) , pour la réalisation desquelles on estime un coût de 80 millions d’euros d’ici 2020 ( actuellement ce sont 75 millions d’euros), la longue liste présentée par une dizaine de délégués , les interventions se sont portées plutôt sur la méthode que sur les contenus.

C’est dans cette optique qu’il faut lire la critique de Dominique Boy-Mottard (DvG) " on aurait pu penser à une approche plus globale plutôt qu’à la dispersion avec une dizaine de rapporteurs sur l’ensemble de mesures".

Le ton devient plus caustique et quelque part acéré " la Métropole ne va pas mettre d’argent supplémentaire . Où est le volontarisme politique qui imposerait des moyens financiers supplémentaires ? Tout ceci est bien dommage car, tout bien disposé qu’on soit, on a un peu le sentiment d’une vaste opération de communication".

Le soupçon que Christian Estrosi profite d’un argument de poids ( le développement durable) pour monter une opération de communication est bien présent dans les propos de Marie-Christine Arnautu (RN) : "Si nous ne sommes pas dupes des artifices de communication déployés, nous entedons aussi apporter notre contribution au débat à transfers 5 propositions phares pour bâtir l’avenir d’une Métropole niçoise durable".

Et de les énumérer :

1 stopper la bétonnisation de la plaine du Var pour en faire le grenier de la Métropole
2 développer l’autonomie énergétique des communes des vallées et montagnes
3 viser les 50% des produits locaux dans les cantines scolaires
4 abolir l’utilisation des sacs plastiques sur toute la bande littorale
5 inclure une clause sociale et environnementale, de proximité dans les critères des marchés publics

Que dire ? On y retrouve l’approche idéologique de la formation politique dans laquelle l’élue ( député européen) milite.

D’ailleurs elle s’en cache pas : " Travailler, produire, consommer, recycler au plus près de là où on vit, en somme relocaliser les activités économiques et réenraciner les hommes, voilà un projet d’avenir, permettant de minimiser impacts social et environnemental".

Les 31 mesures ont été développées autour de 8 axes :

1. Le Plan Climat-Air Energie Territorial

La Métropole Nice Côte d’Azur va rejoindre la liste des signataires européens du Pacte Finance-Climat, initié par le climatologue Jean Jouzel et l’économiste Pierre Larrouturou.

Nice fera partie des 15 territoires qui vont expérimenter les « zones à faibles émissions ». Le dispositif se concentrera sur la Promenade des Anglais où les poids lourds qui ne livrent pas auront interdiction de circuler.

2. La mobilité durable

Des véhicules électriques en libre service seront implantés à compter du 1er janvier 2019 sous le label « auto-partage ».

Le nombre de bornes à recharge rapide sera multiplié par 3 en 2019. La Métropole Nice Côte d’Azur se dotera de 10 bornes accélérées supplémentaires. 15 seront installées dans des parkings relais.

La Métropole Nice Côte d’Azur maintient sa subvention à l’achat d’un véhicule 100% électrique neuf à 2 000 euros. Le dispositif d’aide sera relevé pour l’achat de vélos électriques.

Mise en place d’un plan vélo permettant de débloquer chaque année la somme de 500 000 euros.

3. La nature et la biodiversité terrestre et marine

Création d’une Agence Régionale de la Biodiversité en lien avec la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Elaboration d’un plan « abeilles et pollinisateurs sauvages » dans le but d’aménager des milieux en faveur des abeilles et de sensibiliser le grand public.

Mise en place d’un Plan d’Actions pour la Mer et pour le Littoral afin de renforcer la protection et la connaissance du milieu marin.

147 millions d’euros seront débloqués pour une gestion durable des milieux aquatiques en partenariat avec l’Agence de l’eau.

4. L’amélioration de la qualité de vie

Adoption du plan de Prévention du Bruit de l’Environnement.

5. La solidarité territoriale

Renforcement de la politique de soutien à la création de jardins collectifs.

6. Une métropole exemplaire

Lutte contre la pollution plastique en Méditerranée en limitant l’utilisation de contenants à usage unique. Désormais, plus aucune bouteille et plus aucun verre en plastique ne seront utilisés lors des Conseils Municipaux et Métropolitains.

Mise en place d’une « indemnité vélo » de 0,25 €/km pour les 15 000 agents de la Ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur dès le début 2019.

7. Le tri et la valorisation des déchets

Extension des consignes de tri aux sacs plastiques, films, pots et barquettes plastiques grâce à une campagne de communication d’envergure et à l’installation de plusieurs centaines de Points d’Apports Volontaires supplémentaires.

Expérimentation durant un mois d’une benne à ordures ménagères fonctionnant au bio gaz. Ce carburant permet de réduire la pollution de 80% et le bruit de moitié.

8. L’emploi, le développement économique et l’innovation

Création d’une ferme urbaine sur la plaine du Var.

Renforcement des moyens de l’Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du Développement Durable (IMREDD) pour développer un programme de développement d’une solution écologique de contrôle de la température en milieu urbain.

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