Le budget 2017 du Conseil Métropolitain : comme d’habituudee...!

On pourrait titrer les séances du Conseil Métropolitain qui doivent délibérer sur les questions budgétaires par les paroles d'une chanson de succès ( et quel succès) des années '60 , "Comme d'habitude" de Claude François , puis devenue un tube mondial dans la version américaine de Franck 'the voice' Sinatra ,"My way". En oui, le refrain est toujours le même : Christian Estrosi qui fait l'éloge d'une politique illuminée qui portera la métropole niçoise dans l'olympe des territoires au niveau mondiale ( pour lui, rien n'est moins qu'excellent dans ce qu'il y est réalisé) et une opposition ( divisée idéologiquement mais unie dans la critique) pour laquelle rien ne va jamais dans la bonne direction. Il est vrai qu'entre la considération que toute dépense financée par l'emprunt n'est pas une dette mais un investissement ( comme se serait beau si s'était vrai ! ) et d'autres pour lesquels l'endettement est synonyme de faillite , la synthèse n'est pas facile. Dans ces cas , on ne peut pas non plus faire recours à la formule magique du "juste milieu" parce que pour mettre le curseur à la bonne place , il faudrait d'abord répondre à la question : mais où est-il le "milieu juste" ? Question superflue quand il y a une majorité écrasante , ce qui permet aux oppositions d'animer le débat avec leurs argumentations , de voter contre ou s'abstenir mais, finalement d'être toujours perdantes.

Restent les chiffres , Pythagore nous rappelle que "tout est nombre" , même si trop souvent , on leur fait dire ce qu’on veut.

Et voici celles du budget préventif 2017 ( la Métropole change de périmètre avec les nouvelles compétences , notamment la gestion du Port de Nice, la reprise du CFA de Carros et quelques responsabilités sociales) :

1.593 millions d’euros de budget dont 381 mio de dépenses d’équipement ( 62% pour les transports, notamment la ligne 2 du tram, en fait 114 mio pour les autres chapitres) , 1125 mio d’euros de recettes avec une fiscalité constante.

Christian Estrosie t Philippe Pradal n’hésitent pas à mettre en avant la diminution des dotations de l’Etat et que les taux favorables favorisent le recours à l’emprunt : la maîtrise des frais de fonctionnement permet d’orienter l’investissement pour rendre le territoire plus "attractif , dynamique et innovant".

Mais le stock de la dette augmente à 1243 mio d’euros, un niveau d’alerte pour son remboursement (si on laisse de côté les hasardeuses considérations de Philippe Pradal pour lequel ce sont les générations futures qui doivent payer en quota part les investissements réalisés dans le temps présents et dont ils sont destinataires et seront les bénéficiaires).

Dans ce cadre, il sera plus facile de faire appel à la générosité de la Région PACA ,profitant du fait que le président n’est autre que le même de la Métropole qui rappelle justement que " le montant total des subventions de la Région est de 128 mio d’euros en 2016". On peut s’imaginer , que cette pratique ne s’arrêtera pas en chemin , au mois tout au long de cette mandature.

Quelques dossiers supplémentaires qui méritent commentaire :

la société Semiacs qui gère les parkings publics et qui avait fait parler d’elle pour des faits divers et une gestion douteuse , devient une régie municipale. Il y a de quoi espère qu’elle retrouve les bonnes pratiques administratives et s’éloigne des favoritismes personnels qui l’ont caractérisée.

le Centre de Formation et Apprentissage , plus de 1200 jeunes, quitte la commune de Carros et rentre dans le giron de la Métropole. Une décision qui a fait grincer les dents à Marie-Christine Arnautu qui voit dans cette décision un acte de favoritisme.
En fait, ce sera la Région, responsable des politiques de formation, qui assurera le financement.

La Coopération Trans-frontalière se poursuit avec la Principauté de Monaco et les régions et provinces italiennes dans le cadre du programme ALCOTRA. Des nombreux projets ont été pris en compte et les dossiers seront déposés pour obtenir les financements prévus par l’Union Européenne pour la période 2014-2020 et qui sont financés à la hauteur de 85%.

Enfin, des projets et programmes ont été délibérés dans le cadre de l’amélioration des infrastructures : la rénovation de la gare de Nice-Riquier ( mise en accessibilité et augmentation de la longueur des quais ), le raccordement de la RM 6202 bis à l’A8, le dédoublement de la sortie Villeneuve-Loubet A8.

Point fort de la stratégie à long terme de Christian Estrosi, le projet Eco-Vallée sera supporté par un PLU dont le débat est en cours et , en supplément de la ligne 2 du tram , par la ligne 3 qui arrivera à l’Allianz Riviera/Ikea. Un plus , fort utile pour les objectifs de développement économique et de l’emploi de ce territoire qui fait appel aux investisseurs internationaux dans un contexte de concurrence très soutenue.

Dans la même direction va le changement de statut du Team Côte d’Azur tombé , comme d’autres agences de promotion économique, dans l’escarcelle de la Région (dans le cadre des nouvelles compétences de celle-ci) ainsi que de la Métropole NCA et de la Communauté d’Agglomération de Sophia-Antipolis (CASA). Donc, exit le Département des Alpes-Maritimes, nouvelle gouvernance et nouveau président : Christian Estrosi, lui même !

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