Le Conseil Départemental refuse l’accord financier proposé par l’Etat

Une séance morne et plate a entériné le résultat positif des compte administratifs 2017, la dernière sous la responsabilité d’Eric Ciotti qui a du passer la flambeau, dans le deuxième semestre à son 1er Vice-Président Charles-Ange Ginesy en application de la loi qui interdit le cumul des mandats.

Et d’ailleurs , il n’a pas abandonné pour autant les affaires puisque c’est plutôt lui qui a donné une interprétation politique a ce résultat.

Intervenant en tant que président de la commission des finances lors du débat pour l’examen et approbation du Compte Administratif 2017, il s’est laissé aller à une vraie et propre plaidoirie qui n’avait rien à voir avec l’examen des résultats , une sorte de vademecum de caractère général qui lui a permis de s’ériger à champion de la bonne gestion des finances publiques.

Ses allusions, en fait des provocations verbales, " il y a ceux qui augmentent la dette, ceux qui augmentent les impôts et aussi ceux qui font les deux" qui s’adresse, sans le dire explicitement et sans le nommer, à Christian Estrosi n’ont pas d’autre but que de créer les conditions pour que le clivage avec " les marcheurs en marche vers en marche"- comme il les défini- à savoir le le groupe des élus métropolitains expression de la tendance La France audacieuse , soit le plus net possible.

En fait, il ne tolère pas la présence du groupe "estrosiste" dans les rangs de la majorité départementale alors que ceux-ci le revendiquent. Pour lui, la majorité départementale doit être "pure" mais surtout ...dure !

Ces propositions ont fait réagir- en fait c’était le but- Jean-Paul Segura , un des chefs de file de ce groupe- qui lui a rappelé sa complicité , voire fidélité jusqu’à il y a peu de temps avec celui qu’il critique sans concession .

Histoire d’ambitions personnelles qui font que tout ce qui était bien, devient ce qui va mal ?

De ce fait , l’ intervention de Charles-Ange Ginésy , en ouverture de séance , est passée au second plan !

Le Président du Département s’était longuement exprimé en soulignant les divers axes de la politique territoriale et revendiquant les bons résultats et surtout la bonne gestion des finances.

Et de rappeler particulièrement :

(i)la stabilité des dépenses de fonctionnement ( à 930 millions d’euros contre 935 en 2016)

(ii)la diminution de la dette ( - 34,6 mio/euros en 2017) de 100 mio en 4 ans , ce qui ramène la capacité de désendettement à 6,1 ans ( ndlr : grâce aussi à la vente de parts de la société de gestion de l’Aéroport de NCA pour une valeur de près de 100 mio/euros)

(iii) pas d’augmentation d’impôts ( ndlr : en fait, le Département a bénéficié de l’augmentation décidée par l’Etat du taux

(iv) une politique d’investissement de 155 mio/euros

Ce bilan a été commenté positivement pas l’ensemble des élus mais, , ceux de l’opposition ont voulu en souligner certaines insuffisances .

Pour Marie-Louise Gourdon (PS), la part du budget affecté à la solidarité est insuffisante malgré celle-ci soit la "compétence principale, prioritaire, première" du département. Sa critique va particulièrement vers la politique de gestion de RSA ( ( 5070 suspensions en 2017 , + 13% par rapport à 2016).

Francis Tujague (PCF) a mis l’accent sur "les moyens d’actions affaiblis ( - 126 postes en 2017 et près de 900 depuis 2008) pour les services publics dont le Département a la responsabilité" et cité le cas du malaise du personnel des EPHAD.

L’ élu a également profité de l’occasion pour relancer les problèmes de la Vallée du Paillon et de la Roya : les tunnels ( routier et ferroviaire ) de Tende dont la remise différée en activité crée une situation difficile pour la mobilité locale et transfrontalière.

Deux autres dossiers ont été fait objet de discussion et débat :

le renforcement du plan insertion-emploi pour lutter contre le chômage qui , s’il présente une réduction de 0,6% en 1 an, ne faiblit pas , bien au contraire, pour la catégorie de "longue durée".

la politique d’accompagnement pour les aînés , un sujet particulièrement sensible dans le département où vivent plus de 350 mille personnes âgés de plus de 65 ans.

Le renforcement de l’investissement dans les EPHAD ne peut être qu’une première réponse à une problématique qui doit être prise en compte dans sa globalité surtout en perspective d’un progressif allongement de l’âge de vie.

L’Assemblée départementale a également approuvé la constitution du Pôle métropolitain entre les communautés de la CASA, Pays des Lérins, Pays de Grasse et des Alpes d’Azur qui aura son siège à Grasse. Une préfiguration d’une future métropole comme celle de Nice Côte d’Azur ? L’avenir nous le dira.

Pour ce qui est dans le proche avenir, il s’agit de concertation, mise en commun de moyens et compétences pour faire ressortir les synergies , établir des plans communs d’action.

Dans les motions et voeux, on retrouve la marque de fabrique du député de la première circonscription des Alpes- Maritimes, opposant à fond du gouvernement Macron et son critique à 100% , quel qu’il soit le sujet : refus du contrat financier proposé par l’Etat aux 322 entités locales , demande de retrait de la diminution à 80 km/h de la vitesse maximale sur les routes.

Concernant le premier point, le président Ginésy a motivé la position du rejet par une double motivation : une de principe, " je refuse d’être complice d’un phénomène de recentralisation " en faisant référence " au principe de libre administration des collectivités" - ; l’autre, par le fait que, " notre stratégie budgétaire menée depuis 2009 - ( ndlr : fin 2008 Eric Ciotti remplaçait à la présidence Christian Estrosi ) nous permet d’atteindre bien plus largement les objectifs proposés par la Loi".

La conclusion est encore plus clivante : " Je n’entends pas signer ce contrat de dupe. Quelle est la contrepartie pour le Département ? Aucune".

Le caractère éminemment politique de cette motion est évident : la Loi dite de contrat financier entend favoriser un parcours commun pour la maîtrise des dépenses des collectivités avec la certitude pour celles-ci de l’invariance des dotations financières pour les 3 ans à venir. Si une collectivité est déjà dans cette trajectoire , tant mieux pour elle.

Pourquoi alors en faire un cas politique sinon pour s’ériger en opposant au Gouvernement et mettre le groupe "estrosiste" - la Ville de Nice a signé cet accord et la Métropole suivra- en condition de ne pas le voter ?

Il ne faut pas être ...dupe- comme il dit si bien Charles-Ange Ginesy, lui-même !

L’assemblée a votée à l’unanimité la (ré)dénomination du collège Victor Dury de Nice qui deviendra Simone Veil et de celui de Pégomas qui prendra le nom d’Arnaud Beltrame

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