Conseil Métropolitain : Formation, habitat et énergie sont les axes stratégiques de son action

Séance sans éclat au Conseil Métropolitain qui a abordé des thèmes importants tels que le plan habitat.

D’ailleurs, depuis que Christian Estrosi "ne fait plus de politique"- comme il aime le dire et a choisi de ne pas présenter et défendre tous les dossiers en laissant la responsabilité aux élus délégués, les tons sont moins acérés et la baguette du chef d’orchestre est plus utilisée pour donner l’attaque, le tempo et le ton aux orchestraux de son camp plutôt qu’être agitée et pointée contre les opposants.

De ce fait, les critiques , et oui l’opposition critique..., se font moins directes, plus techniques, les mots plus feutrés.

Pour le protocole, suite aux démissions de Loïc Dombreval, incompatible suite à son élection à l’Assemblée nationale, et de Michel Meini, deux nouveaux vice-présidents ont été élus et intègrent l’exécutif composé de 20 délégués : ce sont Janine Ginetta (adjointe au maire de Nice) et Paul Burro (maire de Belvedere). Quelques changements mineurs dans les délégations sont intervenus.

Une promotion, plus formelle que substantielle, mais elle a l’air d’avoir fait plaisir à l’intéressé, pour le 1er Vice-Président Louis Négre, désormais Présidente délégué, que Christian Estrosi a voulu remercier " pour son implication dans les grands dossiers de notre Métropole et le rôle qu’il remplit au plan national pour la représenter". Nul doute de l’efficacité de sa sympathique roublardise.

Le plat principal du menu, si ainsi on le peut dénommer, était la présentation du programme Habitat 2017-2022 qui concerne les 49 communes. Avant d’être entériné, il devra être soumis à approbation des conseils municipaux.

Coordonnés par la présidente de la commission madame Dominique Estrosi-Sassone, les travaux préparatoires ont intégrés les consultations de tous les acteurs du territoire aux problématiques diverses et variées.

Dans un cadre législatif cadré par des normes nationales rigides (15 communes, les majeurs sont assujetties à l’article 55 de la loi SRU qui concerne le pourcentage des logements sociaux par rapport au parc habitattif), le PHL est un plan d’orientation en matière d’aménagement du territoire.

Ce plan, au dé-là des chiffres, confirme "la dynamique en place et poursuit de manière pragmatique et réaliste les efforts déjà engagés" a dit madame la sénatrice dont la compétence en matière est connue et reconnue même par les opposants. "Il répond aux attentes des maires, qui restent les premiers responsables de tout ce qui se passe dans leur territoire, et il est respectueux de l’environnement".

Impossible de manquer l’intervention du socialiste Paul Cuturello, critique historique de madame Estrosi-Sassone au conseil municipal de Nice et à l’office métropolitain de l’habitat.

Son leit-motiv est toujours le même : le manque de logements sociaux qui, en plus de manquer de répondre aux besoins et droits de 70% d’une population qui en est éligible, bloque par ses effets secondaires sur le marché de l’habitat et pèse négativement sur la stratégie de déplacement, impactant le développement économique. Comme quoi, tout se tient.

"Dire que la situation du logement dans notre territoire est "tendue" relève quasiment de l’euphémisme. Nos concitoyens, et plus particulièrement les plus modestes, ont d’énormes difficultés pour trouver à se loger, pour rappel 70% des ménages sont éligibles à une HLM.

Les prix dans le secteur privé qu’il soit locatif ou en accession sont prohibitifs, et le parc des logements sociaux est très insuffisant, accusant un retard important par rapport à la loi SRU ( 20% portés à 25) puisqu’on ne compte que 11,41% de logements sociaux sur l’ensemble de la Métropole.

Quelle pourrait être la cause de cette supposée impossibilité sinon la volonté politique ?
Alors aujourd’hui vous nous proposez un PLH qui, comme le précédent, entérine le refus de rattraper le retard accumulé. Comme en 2009 nous ne pouvons accepter ce renoncement car ceux qui en souffrent ce sont nos concitoyens les plus modestes".

C’est le président délégué Louis Négre qui s’est chargé de la réplique : "le PHL a la vocation à traiter de toutes les composantes d’une politique de l’habitat , pas seulement le logements social" et de rappeler à l’élu socialiste que ses références à la Ville de Nice ne pouvaient pas s’appliquer à la Métropole.

Vrai, sauf que Nice représente 60% de la population métropolitaine, donc...

En fait, la nouvelle loi issue de la conférence "Consenus sur l’habitat" devrait changer la donne et entériner, par des dispositions appropriés et plus souples, les situations diverses et parfois opposées entre territoires urbains et ruraux, villes de taille différente, etc. Les paroles d’ordre étant, pragmatisme au lieu d’idéologie, expérimentation au lieu de dogmatisme.

La délibération concernant l’étude de faisabilité de l’’Ecole de la 2e chance a été approuvée à l’unanimité.

L’E2C est un dispositif qui permet la prise en charge globale des jeunes sortis du système scolaire sans qualification. Il repose sur une formation adaptée, d’un accompagnement social, d’un tutorat d’entreprise qui devrait permettre, ou au moins faciliter, l’insertion des personnes dans le monde du travail.

Au niveau national, 116 sites écoles sont déjà actives et accueillent 15000 jeunes avec des résultats encourageants et positifs.

Pourquoi Nice et sa métropole en sont sans ? La réponse polémique est de Christian Estrosi : "Nous ne pouvions pas faire sans le financement de la Région qui aide au fonctionnement mais surtout à la rémunération des stagiaires (environ 300 euros par mois). Depuis le changement de majorité, que le Président délégué de la Région appelle diplomatiquement "contexte politique plus favorable", c’est chose faite.

Dominque Boy-Mottard (dvg) s’est associée à cette délibération : "On peut regretter que cela arrive si tard alors que tant de jeunes de la Métropole de moins de 25 ans sont au chômage et alors que 124 écoles existent déjà dans 12 régions et 56 départements. Mais je crois savoir qu’il y a eu quelques problèmes par le passé au niveau des financements et que ces problèmes ne vous sont pas imputables.

Mais peu importe le passé. C’est maintenant sur le point de se faire et plutôt bien. En effet, s’il est possible d’adosser ce projet au CFA, ça paraît ne présenter que des avantages. Je voterai donc avec enthousiasme cette délibération.

Une troisième délibération stratégique adoptée était la convention de concession avec Enedis pour la fourniture d’énergies aux tarifs réglementés à tous les communes de la Métropole.

Au dé-là des termes techniques, il s’agit de la gouvernance unique de ce bien commun , outil indispensable pour la vie au quotidien et de l’attractivité du territoire du point de vue économique.

Au passage, un petit duel verbal, viril mais correct, comme on disait autrefois, entre madame Arnatu (FN) et son ancien colistier Gaël Nofri (aujourd’hui membre de la majorité) a permis de faire le point sur la pétition lancée par le Front national à propos du supposé matraquage administratif des automobilistes niçois et ou métropolitains.

(i) il n’y aura pas de paiement du stationnement ni le dimanche ni les jours fériés

(ii) la verbalisation des infractions pour stationnement abusifs est obligatoire par la loi. De plus, Nice applique une pénalité moindre par rapport aux grandes villes

(iii) l’option de faire payer une redevance pour l’entrée en ville (congestion charge) est au stade des réflexions. En tous cas, les résidents de Nice et des communes de la métropole en seraient exonérés.

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