Le Conseil municipal fait une halte à la Gare du Sud

Séance raccourcie du conseil municipal ce jeudi 26 octobre. A peine le temps pour la majorité et l’opposition de débattre du projet de la Gare du Sud. Egalement au menu : la création d’un centre d’information national sur la radicalisation et le terrorisme ou encore la question des vélos-taxis.

Une matinée aura suffi pour faire passer la petite vingtaine de délibérations prévue à l’ordre du jour. Une entrée pour ainsi dire en prévision du conseil municipal du 13 novembre 2017 qui fera office de plat principal. Toutefois si la séance a été rapide, elle n’a pas été inintéressante pour autant.

Parmi les dossiers présentés, c’est celui de la Gare du Sud qui a le plus retenu l’attention. C’est même à cause de lui que l’ordre du jour « a été un peu précipité, afin de ne pas perdre de temps si nous voulions que le projet présenté puisse être offert aux Niçois et aux Niçoises pour le dernier trimestre 2018 » a révélé le maire de Nice Christian Estrosi qui a toujours fait de la Gare du Sud une de ses priorités depuis son élection en 2008.

La délibération a entériné le choix de la société Banimmo France comme lauréate de l’appel à projet en lui accordant un bail emphytéotique d’une durée de 45 ans. En contrepartie, l’entreprise va investir 11 125 000 euros dans la structure et versera une redevance annuelle (loyer) de 195 000 euros. Un choix et des chiffres qui n’ont pas fait le bonheur de l’opposition.

Dans l’ordre, Olivier Bettati (Mon parti c’est Nice) s’est étonné du choix de la société Banimmo. Malgré la forte expérience de l’entreprise dans ce domaine d’activité, l’élu a émis des doutes sur sa fiabilité « le 27 juillet 2017, le groupe Banimmo a présenté ses résultats consolidés : 15,5 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 4,4 millions d’euros de pertes nettes…Le journal les Echos avait fait un article de ce résultat et avait estimé que, même si elle réduisait sa perte nette de moitié par rapport à l’an dernier, on ne pouvait pas encore dire que la société Banimmo était sortie des soins intensifs ».

Pour Patrick Allemand (Un autre avenir pour Nice), si le projet lui semble intéressant pour les Niçois, c’est « le montage financier qui appelle réflexion car honnêtement, les conditions ne sont pas très favorables à la ville ». Deux points le laissent perplexe : la somme investie « d’habitude les investissements se situent entre 15 et 40 millions d’euros, pourquoi seulement 11 millions d’euros à Nice ? » et le montant de la redevance « elle est de 195 000 d’euros soit 16 250 d’euros de redevance mensuelle. Ce n’est pas cher. C’est d’ailleurs 8 % de moins que l’estimation de France Domaine qui est jointe au dossier et qui est de 212 000 euros. C’est dire que la négociation est défavorable à la ville ».

Les écologistes (EELV) eux ont demandé des renseignements sur les normes environnementales du projet alors que Dominique Boy-Mottard (Radicaux et divers gauche) s’est plaint de la méthode utilisée par la majorité pour présenter le dossier.

La réponse à toutes ces remarques ne s’est pas fait attendre. Notamment par l’intermédiaire de Christian Tordo qui a souligné que personne n’avait remis en cause la qualité du projet. Néanmoins, il regrette des « critiques qui ne sont pas à la hauteur. Simplement là pour s’opposer ». L’adjoint en charge de l’économie a justifié le choix de la société Banimmo, la seule qui « a accepté d’assurer l’ensemble des risques financiers ». De son point de vue, l’investissement de 11 millions d’euros est, au contraire, conséquent.

Un argument soutenu par Christian Estrosi « ce n’est que pour la réalisation de la mezzanine et des kiosques. Il n’y a pas besoin de réaliser les mêmes investissements que dans d’autres lieux. Et 11 millions d’euros pour un aménagement intérieur, c’est un investissement extrêmement lourd. »

Autre grief retoqué : le loyer. « Il est inférieur aux estimations de France Domaine de 8%, mais il prend en compte les investissements réalisés ainsi que l’animation du quartier, sept jour sur sept, jour et nuit, que le projet prévoit. De plus, il reste dans la marge de négociation de 10% de l’administration » explique Christian Tordo.

Le maire de Nice a aussi rappelé que dans ce mariage avec Banimmo, la Ville aurait toujours son mot à dire. « En cas de revente par Banimmo au cours des 45 ans du bail, il faudra l’accord de la Ville sur le repreneur et ce dernier devra s’engager à reprendre et exploiter le lieu dans les mêmes conditions que Banimmo. » Au final, la délibération a bien été votée par l’ensemble de l’hémicycle à l’exception des deux conseillers radicaux.

Un centre de recherche à rayonnement national sur la problématique des conséquences du terrorisme

Parmi les autres sujets passés en revue lors de ce conseil municipal celui, notable, concernant la création d’un nouveau centre de recherche. « Anne Murris, Cindy Pellegrini et Seloua Sensi de l’association Promenade des Anges ont fait savoir qu’elles souhaitaient que la Ville de Nice les accompagne dans la réalisation d’un lieu qui soit à la fois un centre d’information et de documentation sur le terrorisme et un espace ou serait honoré les victimes de l’attentat du 14-juillet » a annoncé Christian Estrosi « notre devoir est de les accompagner. J’ai souhaité répondre favorablement à cette proposition en faisant appel à un cabinet d’études pour trouver son lieu d’implantation, sa dénomination et la surface nécessaire à son rayonnement ».

Et alors que l’opposition a commencé à évoquer les thèmes de la prévention et de la déradicalisation, l’édile a préféré coupé court en allant dans le détail. « Nous sommes convenus avec le président de République et avec les victimes, ensemble, qu’il s’agirait d’un centre national, de ressources et de recherches, liées à des recherches universitaires, médicale…etc. » Avant de prendre un exemple de ce qu’il pourrait étudier. « Quelles sont les conséquences à long terme d’un attentat comme celui du Bataclan sur le développement de l’enfant, cinq, dix, quinze ans après ? Nous ne sommes pas sur la déradicalisation mais sur les conséquences : sur l’économie, la cohésion sociale, sur des aspects scientifiques. » Ce nouvel espace pourrait accueillir les témoignages de solidarité déposés au Kiosque à musique à la suite de l’attentat en 2016.

Fin de l’anarchie pour les vélos-taxis ?

L’augmentation du nombre de « vélos-taxis » (vélos à trois roues) qui pullulent dans la capitale azuréenne depuis des mois, a obligé le conseil municipal à mieux encadrer l’activité. C’est pour cela qu’une délibération a permis l’adoption du principe d’une mise en concurrence pour l’octroi des autorisations d’occupation du domaine public.

Dans les faits, cette délibération permettra, « dès le printemps prochain, d’autoriser une ou deux sociétés seulement à mener cette activité sur l’espace public selon des règles précises ». En tout, sept points d’arrêts ont été choisis et répartis dans tout le secteur touristique de la ville (deux Place Masséna, rue Biscarra, traverse de la Bourgada, deux Place Garibaldi et Quai Papacino). Un avis d’appel à la concurrence sera lancé prochainement dans la presse et sur le site de la ville avec un cahier des charges précis.

L’opposition a salué cette décision. « Notre groupe avait attiré votre attention sur l’anarchie totale qui régnait dans l’activité des cyclos-taxis par un courrier que je vous ai transmis le 15 juin 2017 et auquel votre 1er adjoint Philippe Pradal a répondu le 28 juillet dernier me disant que vous travailliez sur la question. J’avais exposé les raisons qui aboutissaient à une véritable concurrence déloyale entre ceux qui respectaient la réglementation européenne et ceux qui ne la respectaient pas. Nous voterons donc cette délibération des deux mains » a annoncé Patrick Allemand.

Même son de cloche pour Dominique Boy-Mottard « s’agissant de l’occupation de l’espace public par les cycles à trois roues, il n’est pas faux de relever qu’ils font parfois n’importe quoi et que des arnaques avaient pu être constatées. Et je me demandais pourquoi rien ne semblait être fait pour améliorer les choses. Cette délibération est donc la bienvenue et nous la voterons ».

Ne reste plus qu’à attendre le 13 novembre pour la suite…

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