Les Goelands 2016 au Cine-Café de Nice

Loin des paillettes et cérémonies tapageuses, loin du tapis rouge, la Soirée des Goélands du Ciné-Café de Nice est une fête insolente du 7e Art qui toise (amicalement) les institutions et leurs rituels. En fait, elle rassemble quelques poignées de cinéphiles locaux, conviés à choisir leurs oeuvres préférées dans la production de l'année révolue...

1 - TONI ERDMANN de Maren Ade, avec Peter Simonischek et Sandra Hüller
Porté par des comédiens impressionnants, et dans le registre insolite d’une mise en abyme des jeux théâtraux, le récit d’une reconquête affective entre un vieux marginal tendance Müesli et sa fille libérale-asociale mondialisée... Féroce, jubilatoire et poignant.

2 - CAROL de Todd Haynes avec Cate Blanchett et Rooney Mara
L’aventure amoureuse de deux femmes dans l’Amérique puritaine des Années 50. Apprivoisement des êtres plus que rencontre des corps, narré par un adepte du mélodrame somptueux, un expert des décors et éclairages fragmentés en espaces mentaux envoûtants.

3 - PATERSON de Jim Jarmusch avec Adam Driver et Golshifteh Farahani
Sur le thème de la circulation -la coulée des jours, le bus conduit par le héros, la poésie qui relie les âmes- le filmeur urbain Jarmusch cueille à nouveau tant de beautés éclatantes dans les recoins du quotidien ; à son allure sereine, mais avec la ferme maestria qu’on lui connaît...

4 - AQUARIUS de Kleber Mendonça Filho avec Sonia Braga
Tableau rageur du Brésil contemporain et chronique amère du temps qui nous abîme, un récit de résistance acharnée -sur fond de programmes immobiliers- emmené par l’impériale Sonia Braga et signé par l’un des héritiers têtus les plus brillants du cinéma novo.

5 - BROOKLYN VILLAGE de Ira Sachs avec Greg Kinnear et Jennifer Ehle
Que pèse un serment d’homme face à un contrat légal ? Sous les regards d’un duo d’adolescents, une histoire de conflit de classes très actuel, où les vaincus disparaissent de l’écran et les vainqueurs goûtent un succès aux relents de cendres.
Une nouvelle broderie humaniste d’Ira Sachs.

6 - ELLE de Paul Verhoeven avec Isabelle Huppert et Charles Berling
Comme en une compilation de ses rôles antérieurs, Isabelle Huppert agrège dans son personnage de maîtresse-femme et fille traumatisée les mystères et ambiguïtés de l’être, ici à la frontière entre l’innocence et la folie. D’après un roman de Philippe Djian.

7 - VICTORIA de Justine Triet avec Virginie Efira et Vincent Lacoste
Une comédie réjouissante sur une fille très dépressive qui perd -d’un seul tenant- la santé, son métier, son honneur, son statut, ses liens sociaux... Miroir radical, et très chaleureux, de toute une époque abonnée aux griseries les plus intenses et aux effondrements du moi.
Virginie Efira en déliquescence : magnifique !

8 - LA TORTUE ROUGE de Michael Dudok de Wit
Sur sollicitation des fameux studios Ghibli, un conte fantastique à propos d’un naufragé prisonnier de son île ; où la nature bégaie des appels intrigants. Un film d’animation à haute teneur poétique, coscénarisé par Pascale Ferran.

9 - MERCI PATRON de François Ruffin
Robin des Bois, quelle flèche !
En modes caméra invisible et stratagème vicieux, la mise en lumière d’une vérité hallucinante : comment nos maîtres transnationaux redoutent, plus que tout, de se sentir exclus du champ des justifications sociales, alors qu’eux-mêmes éjectent sans sourcillier leurs employés

10 - VOYAGE A TRAVERS LE CINEMA FRANCAIS de Bertrand Tavernier
Subjectivité, quand tu nous tiens !
Tavernier collecte les images éternelles de notre cinéma, réveille nombre de souvenirs enfouis, déniche des inédits drôles ou émouvants, mais, surtout, libère à l’infini notre bonheur d’approuver ou contredire ses choix. Bravo l’artiste !

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