La vrai raison du nouvel épisode de la "guéguerre" Ciotti-Estrosi

"J’assume mes convictions et ce que je suis, il est impossible d’être le Président d’une fédération du premier parti d’opposition de France tout en étant un soutien permanent du gouvernement Macron. C’est le moment de la clarification et ce sera au peuple militant de trancher".

Avec cette déclaration , Eric Ciotti a officialisée ces jours- ci sa candidature pour cette élection prévue les prochains 13 et 14 octobre.

La "tonalité grave" ne sert que pour donner une signification à un acte de cuisine politicienne, créer les conditions pour sa candidature à la mairie de Nice comme candidat du Parti Républicain.

La clarification demandée par le député niçois n’a pas lieu d’y être parce que tout est déjà très clair : Christian Estrosi ainsi que les maires adhérents au mouvement "La France audacieuse" ne sont pas dans la même ligne d’opposition à la majorité parlementaire qu’Eric Ciotti pour lequel ...même quand il pleut c’est la faute du gouvernement ! Eux, ils l’ont déclaré ouvertement, préfèrent juger acte par acte.

De plus, étant maire mais non députés , les "audacieux" ne sont même pas dans la condition d’observer la discipline de parti à l’occasion du vote de confiance ou pour l’approbation des lois dans le cadre parlementaire.

Pour le reste, dans un parti démocratique, chacun a ses idées en toute légitimité. La pensée unique trouve application dans d’autres contextes que ne devraient pas être de modèle pour l’ancien président du Conseil départemental.

Et d’ailleurs ce poste n’a aucun rôle effectif dans la vie politique du parti. Qui est capable de dire où il se trouve son siège ni à citer un document issu de ses débats ni à dire quelles réunions ont été ténues dans les douze derniers mois ?

Donc la course à la présidence départementale du parti n’est qu’un passage instrumental au vrai objectif.

Mais tout cela est tout sauf une surprise : depuis l’élection du président Macron et de la nouvelle majorité , Eric Ciotti ne perd pas occasion pour essayer de pousser Christian Estrosi hors du parti. La raison est simple : avoir les mains libres pour être le candidat des "Républicain" à la mairie de Nice .

Il se trouve que le maire de Nice n’a aucune intention de quitter le parti et il ne donne aucun prétexte pour ça. Sa tactique est simple : s’il doit y avoir exclusion , ce sera au parti de le faire et de le motiver.

Alors si voie choisie , plus conforme sur le plan de la procédure, est de placer le premier pion de l’escalade en devenant président départemental, le deuxième passage sera , le moment venu, de proposer la candidature du président départemental à la mairie de Nice.

Et pour terminer , l’acte final sera la décision de la commission nationale d’investiture que , par mémoire, est présidée - tiens, la coïncidence... - par Eric Ciotti lui-même.

D’ici le , le travail de sape continuera pour créer les conditions, -sait-on jamais qu’on arrive à provoquer quelques faux pas de Christian Estrosi- , pour légitimer l’opération parce que remplacer un maire sortant ( avec la victoire en poche) pour faire place à un candidat qui risque de perdre au ballottage -après une guerre fratricide - contre un celui qui sera en tout cas un candidat (indépendant) , juste pour seconder les ambitions personnelles de quelqu’un , n’est peut-être pas la meilleure des solutions pour un parti.

En tout cas, il vaut mieux appeler les choses pour leur nom et éviter de les sacraliser : l’ambition personnelle n’ a rien à voir avec la ligne politique ainsi que la "tonalité grave" de la déclaration d’Eric Ciotti n’a aucun rapport avec , par exemple, celle de l’harmonie d’un "contrapunctos " de Johan Sebastian Bach.

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