Pasteur, enjeu d’une rénovation urbaine à Nice

Deux immeubles sont tombés dimanche dernier à Pasteur, ce n'est plus un scoop. Les propos exposés lors des discours officiels ont déjà été repris par d'autres tribunes autant passer l'intro et aller directement... droit au but !

Cette rénovation ne peut, au final, n’être ramenée qu’à des chiffres corrigeant des statistiques. Certes « l’humanisation de l’habitat » est une formule que l’on va retrouver ici et là dans des discours politico politiques.

Oui, cette opération d’envergure a un coût qui amène les décideurs à décortiquer ce qui les a conduit à une telle décision pourtant le vrai combat fut celui du courage.
Dimanche, l’histoire de cette opération a été évoquée par un homme qui l’a vécu dès son début au sein du comité de quartier de Pasteur. Il a eu la délicatesse d’y consacrer quelques lignes et à ce moment là l’émotion fut perceptible au travers des dodelinements de têtes et des regards en coin.

Comment pourrait-on éprouver de l’émotion à voir tomber des barres d’immeubles lorsque l’on n’a pas vécu des temps forts de sa vie à l’intérieur ?

Cela arrive sans que l’on s’y attende, au moment où l’on comprend que l’idée initiale est venue d’un comité de quartier réunissant des râleurs de première qui pourtant sont de vrais parents en bonne et due forme.


Les membres des comités de quartiers sont des empêcheurs de tourner en rond pour bien des institutions mais s’ils n’étaient pas là depuis tant d’années, nous n’aurions plus la force de les inventer car l’esprit polémique existe de nos jours sans qu’il soit vraiment tourné vers une évolution globale.

Le comité de quartier Pasteur a osé rêver que leur quartier leur appartiendra, un jour, à nouveau. Beaucoup d’entre eux sont nés à une époque où il y avait des champs d’oliviers et des routes de terres, ils ont eu à faire face à la modernité et aux lubies des urbanistes, pourtant ils n’ont pas baissé les bras.

Combien de sceptiques ont dû railler devant leurs idéaux ? Contre toute attente des hommes les ont entendus et comprit. Ces mêmes hommes ont fait front commun pour bâtir la ville sur de nouvelles bases. Ils ont eu du courage et du respect pour oser faire. Comment ces quelques mots pourraient être contestés vu les polémiques constantes autour du tramway et du reste !!!
Puis, c’est grâce au travail acharné d’une équipe de fonctionnaires que tout a continué. A leur tête Dominique Estrosi qui, parée d’humilité, baisse la tête et sourit sans que prétention ou fierté ne perce.

Chapeau bas tout de même à cette Dame, dont le travail accompli aux côtés de ces fonctionnaires si souvent décriés, va s’inscrire dans le temps, un temps nouveau de retour aux sources du bon sens. Une place accueillant un marché, des salles associatives, des commerces...Bref, la vie autrement.

La rançon de la gloire ne tiendra pour elle qu’à quelques sourires et autres regards sans mots mais ils auront la valeur de la sincérité parfois plus importante que des applaudissements de ponctuation.

Avoir attendu « la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine » pour monter le premier dossier conforme à ses articles et défendu ce concept restera quand même une bien belle réussite. Voilà une belle façon d’aimer Nice, en mettant bout à bout tous les acteurs, du plus modeste au plus obligé, pour aller ensemble dans une même direction.

Les habitants qui ont tourné la page auront des souvenirs comme leurs prédécesseurs de la belle époque. Ceux qui arriveront auront tout à construire pour qu’au final l’histoire de ce quartier continue à s’inscrire dans l’histoire de la Ville. Cette même ville qui leur doit depuis 1388 la monnaie de la signature d’un acte de dédition à la Savoie apposée sur les marches de l’Abbaye de St Pons qui veille sur les Pastoriens.

Un juste retour des choses ? Un pied de nez à l’histoire de Nice ? A n’en pas douter un instant un très grand chapitre pour ce quartier que l’on nommait comme une insulte il y deux jours à peine.

Pasteur va devenir un quartier urbain « citadin et mondain » et surtout humanisé de par son habitat valorisé par toutes les réformes. Reste à venir la reconstruction de Maccario, La rénovation du CHU qui va se faire une peau neuve et le projet de la prison qui n’est pas encore aux oubliettes. Alors que Pasteur s’apaise en deuxième semaine pour reprendre des forces et repartir de plus belle.

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