Salle de culte musulman de la Plaine du Var , acte II : pas d’avis favorable au plan bis de la Mairie de Nice pour expulser l’association En Nour

Pour une surprise, ce n'est une... On s'attendait à un avis favorable du commissaire-enquêteur concernant le plan bis (crèche + espace coworking)* de la mairie de Nice pour récupérer pour raison d'utilité publique le site où est actuellement installée la salle de prière et des activités associatives de l'association En Nour mais , finalement , ça n'a pas été le cas. Au contraire , les conclusions déposées sont défavorables et entravent l'objectif de Christian Estrosi. Du point de vue juridico-administratif , reste la possibilité pour la mairie de Nice de s'opposer à l'avis du commissaire-enquêteur , ce qui ouvre la voie à une décision du Préfet qui , dans le délai d'1 an, sera être favorable ou pas à la demande de DUP. A ce sujet, au cours d'un point-presse, Christian Estrosi a déjà annoncé une opposition formelle aux conclusions du rapport , la délibération sera adoptée lundi prochain lors du Conseil Municipal -avis aux passionnées des débats houleux : ne pas manquer !- et maintient toutes ses accusations de nature administrative ( financements opaques , malversations et irrégularités sociétaires et fiscales ) contre l'association En Nour. Le maire de Nice a rappelé aussi d'avoir sollicité le procureur de la République en ce sens ainsi que la préfecture pour la présence , à ses dires, d'un élément fiché S parmi les administrateurs de cette association ( cultuelle et culturelle, d'après ses statuts, qui déclare plus de 1000 participants à ses activités ). De plus, selon le maire de Nice, cette association propagerait une version radicale de l'islam. Le manque de suite , à ce jour, des autorités interpellées laisse penser que ces accusations n'ont pas été retenues.

Cette histoire est tout de même drôle, et ce au delà du comportement du maire de Nice qui en a fait un cas personnel , même si les raisons politiques ne sont pas absentes.

Il se trouve que la première enquête publique avait en effet abouti à un avis favorable , puis le préfet Colrat n’avait pas accordé la déclaration d’utilité publique ; en cette occasion , c’est le commissaire-enquêteur qui donne un avis défavorable quand , au moins à ce qu’on dit, le préfet Leclerc serait plutôt pour l’autorisation du DUP.

Mais ce n’est pas fini, parce que Christian Estrosi aime la politique de...l’eau bouillante.

Petit rappel : pour échapper à la facile accusation d’empêcher la pratique religieuse à la population de culte musulman , Christian Estrosi s’était engagé à permettre la construction d’une site de culte de grande ampleur (1000 m2) , de l’autre côte du boulevard du Mercantour , et ce en faveur de l’association Fraternité qui lui convient , contrairement à En Nour.

Dans l’attente de la réalisation , le projet est complexe , le temps de réalisation incertain, le financement problématique ( le bail serait pour le seul foncier) une autre mosquée sera ouverte par initiative de la municipalité au 43 route de Grenoble, mais sous l’égide des musulmans "agrées".

Le marché des "âmes" est ouvert : En Nour ( La lumière) d’un côté, La Fraternité de l’autre, les "insoumis" face aux "serviables" , qui gagnera la partie ? quel part de marché chacune des associations saura-t-elle s’accaparer ?

En fait, derrière les apparences, ce qui est en jeu ce sont les influences sur les communautés de culte musulman qui originent de pays différents, des intérêts économiques, des impacts politiques, des aspects sécuritaires, des petits ou moins petits pouvoirs personnels, des sources de financement...le problèmes n’est pas si linéaire que ça et pour s’y retrouver dans ce labyrinthe , il faudrait être un bon explorateur.

En tout cas, Christian Estrosi a choisi son champ, c’est celui de l’association La Fraternité a travers lequel il estime pouvoir maîtriser la problématique de communautarisme musulman et ses potentiels dérives.

"Une solution temporaire immédiate" a déclaré Christian Estrosi qui estime ainsi d’avoir trouvé le moyen de répondre à une des causes évoquées par le commissaire-enquêteur dans ses conclusions : le "risque d’atteinte à la liberté du culte" .

Créer une nouvelle salle de prières sera l’as qui permettra au Préfet Leclerc de suivre l’exemple de son prédécesseur et , passant outre le rapport, de signer la déclaration du DUP ?

En tous cas, ce dossier, ouvert une première fois en 2011, est loin d’être fermé. La saga sera riches d’autres épisodes.

* le premier projet ( crèche) n’avait pas été retenu par le préfet Colrat et les recours judiciaires d la mairie contre l’autorisation préfectorale à l’installation de l’association En Nour avaient été rejetés par le Conseil d’Etat, après un long contentieux administratif entre la maire et la préfecture.

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