Migrants : les fausses idées

Les images de ces milliers de personnes tentant par tous les moyens de rejoindre l’Europe émeuvent ou inquiètent. Alors voici le point sur les principaux clichés qui circulent en France sur les demandeurs d’asile fuyant la guerre ou la dictature.

Idée reçue n°1 : Ils vont envahir la France

En 2015 comme en 2014, la France recevra 65.000 demandeurs d’asile. Soit 980 personnes pour un million d’habitants. Proportionnellement, la France se classe à la 17e place européenne, derrière des pays comme la Suisse, la Belgique ou le Luxembourg. Sans compter que ces demandeurs d’asile ne deviendront pas tous des réfugiés, donc des migrants légaux.

En 2014, moins de 22 % ont obtenu leur statut – la moyenne européenne est de 45 %. Enfin, la France s’est engagée à accueillir 33.000 réfugiés de plus en deux ans « 

Idée reçue n°2 : Ils viennent chercher les généreuses prestations sociales de la France

Les migrants cherchent à rejoindre la Suède ou l’Allemagne, où les prestations sociales sont équivalentes à celles proposées par la France, mais aussi le Royaume-Uni, où ces prestations sont très faibles. Cela prouve que l’effet d’attraction des prestations est mineur .

En outre, tant qu’ils n’ont pas le statut de réfugié, accordé en moyenne au terme de neuf mois, les demandeurs d’asile n’ont pas accès aux mêmes prestations sociales que les nationaux et ils n’ont pas non plus le droit de travailler .

Pendant cette période, ils doivent vivre avec 91 euros par mois s’ils sont hébergés dans un centre ou 343 euros s’ils n’ont pas d’hébergement. C’est moins que le RSA (524 euros pour une personne seule) ou que le minimum vieillesse (800 euros). Enfin, lorsqu’ils deviennent des réfugiés, donc des migrants légaux en droit de travailler, les études prouvent qu’ils rapportent davantage qu’ils ne coûtent à la sécurité sociale .

Idée reçue n°3 : Ils viennent prendre nos emplois

L’arrivée des migrants peut faire souffrir seulement les personnes les plus immédiatement substituables, c’est-à-dire les immigrés des générations précédentes et les natifs les moins qualifiés. Soit exactement les personnes concernées par le chômage de masse, puisque le taux de chômage des ouvriers non qualifiés atteint les 20 %.
Reste qu’il faut une hausse de 10 % de la force de travail pour engendrer une baisse de 3 % du taux d’emploi des moins qualifiés. Autrement dit, il faudrait que la France accueille 300.000 réfugiés pour que l’impact soit mesurable, alors que moins de 15.000 migrants obtiennent le statut de réfugié, et donc le droit de travailler, chaque année.

Idée reçue n°4 : Ils n’ont qu’à migrer vers les pays « musulmans »

Ils le font : sur les 4,3 millions de Syriens qui ont fui leur pays depuis 2011, seuls 270.000, soit à peine plus de 6 %, ont rejoint l’Europe. Les 94 % restants se sont réfugiés en Turquie (1,8 million de personnes), au Liban (1,2 million), en Jordanie (630.000), en Egypte (130.000), en Afrique du Nord (24.000)… et même en Irak (250.000).

En revanche, ils ne vont pas dans les riches pays du Golfe, qui leur ferment leurs portes, par crainte de les voir importer chez eux leurs envies de libertés, de droits et de justice sociale.

De toute façon, les Syriens ne veulent pas rejoindre des pays où les travailleurs émigrés sont extrêmement mal traités . S’ils fuient une dictature, ce n’est pas pour rejoindre un autre régime autoritaire… Ils aspirent à vivre dans une démocratie.

C’était d’ailleurs pour cet idéal qu’ils s’étaient battus en 2011

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