Patrick Mottard : Non au « burkini »

Le « burkini » n'est pas une pratique marginale voir folklorisante, c'est un des nombreux ballons d'essai que les intégristes islamistes lancent pour tester la résistance de notre société.

La polémique qu’il a suscité est donc tout sauf futile. Dans l’absolu peu m’importe que les gens se baignent en « burkini », avec une doudoune ou tout nu. Cela ne me fait – c’est le cas de le dire – ni chaud, ni froid.

Mais chacun a compris que l’enjeu est ailleurs. Dans le contexte sociétal actuel marqué par une offensive sans précédent des intégristes pour communautariser notre République, l’affaire révèle une volonté farouche doublée d’une certaine habileté tactique. En initiant un débat sur ce qui n’a pas lieu d’être (la neutralité de l’espace public), on suggère que les initiatives les plus marginales des intégristes sont la normalité de la religion musulmane. S’y opposer serait donc faire preuve d’ « islamophobie » .

Si, intimidée, la République cède, cette pratique marginale deviendra, sous la pression des radicaux religieux, la règle et, par exemple, plus aucune femme musulmane n’osera aller à la plage sans cet accoutrement. Et nous aurons fait un pas de plus vers la communautarisation de notre société.

Il est donc indispensable que les tribunaux saisis restent sur la ligne de fermeté qui a été celle de la première décision. Dans le cas contraire, il ne faudra pas hésiter à légiférer comme pour le voile à l’école. La loi en effet avait réglé avec une question qui avait été artificiellement montée en épingle par les extrémistes. Et aujourd’hui plus personne ne se souvient de ce débat qui avait enflammé l’opinion publique pendant des mois.

À une mesure idéologique, la République est légitime à répondre sur le même terrain.

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