50% – 32% : L’ ambivalence des deux chiffres choc du 1er tour des législatives.

50% d’abstention. Je suis de ceux qui considèrent généralement que la démocratie représentative a besoin d’engagement, de candidats et d’électeurs et que ceux qui s’abstiennent gagnent le droit de se taire pendant la durée du mandat. Mais ce soir l’énormité du chiffre interpelle forcément.

Il y a certainement l’idée que l’inversion du calendrier initié par Lionel Jospin allait naturellement conduire à une forte majorité pour le Président élu, comme en avaient profité depuis l’instauration du quinquennat successivement Chirac, Sarkozy et Hollande.

Mais cet argument est probablement insuffisant au vu de la dégradation du taux de participation. C’est dire si le nouveau président va devoir faire des propositions institutionnelles comme le regroupement des élections présidentielles avec les législatives ou le changement du mode de scrutin (pour ma part, je serais favorable à un mode majoritaire à un tour comme en Angleterre).

Cela dit, il faut bien constater que ce chiffre confirme que l’adhésion au Président Macron est plus une adhésion "pour voir" comme aux cartes. Ce n’est pas (encore ?) une adhésion sur le fond.

32% pour la REM. Une victoire historique (surtout en sièges, dimanche prochain) pour un nouveau parti se réclamant d’une famille politique - le centre - qui n’a jamais été aux affaires sous la cinquième République. Le président aura donc très largement les moyens d’appliquer sa politique ce qui est une bonne nouvelle pour la démocratie. Mais une large majorité n’est pas une garantie de succès à la fin du quinquennat : Sarkozy et Hollande peuvent en témoigner.

D’ailleurs, les premiers intervenants de La République en Marche sur les plateaux télé ont plutôt donné l’impression d’être conscients que cette élection n’est qu’une (brillante) première étape.

par Patrick Mottard

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