Parlement : un lifting minimaliste

La réforme du Parlement annoncée à Versailles par le Président de la République va plutôt dans le bon sens, mais reste quand même très minimaliste. Elle semble avoir été élaborée dans le cadre d’une stratégie de communication pour répondre à quelques emballements de l’opinion notamment sur les réseaux sociaux.

Au mieux, c’est un lifting et chacun sait que ce procédé peut rendre le visible plus aimable (quand ce n’est pas loupé...) mais ne change rien quant à la réalité du non visible.

Reprenons les principales annonces :

- La réduction du nombre de parlementaires : pourquoi pas ? Il est vrai qu’il y a vraiment beaucoup de parlementaires en France. On peut donc en supprimer sans dommage. Mais cette mesure qui plaît à l’opinion (trop nombreux, trop payés , trop absents...) ne changera rien sur le fond. Et s’il s’agit de faire des économies, il n’y a qu’à supprimer le Sénat qui comme chacun sait ne sert à rien. Mais une telle mesure demanderait un sacré courage politique face à des sénateurs électoralement influents.

- La proportionnelle : il ne s’agit pas d’un changement du mode de scrutin avec passage du majoritaire à la proportionnelle (heureusement !) mais de l’injection d’une dose de proportionnelle... Là encore pas de bouleversement à attendre, seulement une poignée d’élus FN et quelques écolos en plus. Mais si l’on veut à tout prix conserver le Sénat pourquoi ne pas l’élire à la proportionnelle intégrale, on aurait ainsi un bicaméralisme qui aurait du sens (débat pluraliste au Sénat, vote majoritaire à l’Assemblée).

- Fin de la justice d’exception : il est vrai que l’affaire Lagarde a rendu cette mesure pratiquement inéluctable. En plus, elle est dans l’air du temps. Mais les raisons qui avaient prévalu à sa création restent valables et cette suppression est un pari.

- Le Conseil économique et social : de notoriété cette institution ne sert à rien. Ses travaux ne sont pas inintéressants mais les pouvoirs publics s’en f... Et ne dit on pas que la société civile est entrée en force à l’Assemblée (!). Donc là, la solution de bon sens est la suppression même si ce serait prendre le risque de vexer quelques retraités de la République.

- Le discours annuel du Président : une mesure qui ne bouleversera pas la vie politique de notre pays mais qui est logique (plus que l’allocution du 31 décembre ou l’interview du 14 juillet).

On parle d’un référendum pour acter tout cela. Pourquoi pas ? Mais compte tenu de la consistance de la réforme, je vous donne le résultat à l’avance : OUI 80%, abstention 80%.

par Patrick Mottard

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