Débat politique : Parlons de l’avenir plutôt que de racines

On parle souvent dans certains cercles politiques, dans certains titres de presses , "d’héritage religieux", de "patrimoine spirituel et moral" de l’Europe et de la France. Cette sémantique alimente le discours selon lequel l’Europe a perdu la mémoire de ses racines religieuses et continue à perdre, face à l’islam, la bataille des « valeurs » fondatrices et remplit l'imaginaire collectif. La thèse peut se résumer ainsi : la supposé supériorité de l'occidental blanc, dont le racisme est la manifestation flagrante.

Cette « petite musique », l’évocation récurrente des sources « judéo-chrétiennes » dissimule une nostalgie angoissée, et un peu malsaine, du passé.

Mais, ce rappel insistant des « racines judéo-chrétiennes » de la France et de l’Europe n’est pas justifié ni historiquement légitime ( les chrétiens ont toujours exclu et persécuté les juifs, peuple "déicide" jusqu’ à peu) , sert surtout à cautionner des attitudes morales et politiques – pas seulement électorales – beaucoup plus contestables, comme le rejet de l’immigré et la détestation de l’islam.

Cette crainte n’est pas méprisable, mais à condition d’ajouter que l’invocation obsessionnelle des « racines chrétiennes » ne doit pas servir de prétexte à une volonté de restauration chrétienne, ou de xénophobie militante, ou de rejet d’un islam diabolisé.

Elle devrait, au contraire, ramener à l’essentiel de la foi chrétienne, à savoir le souci de l’autre, de l’étranger, du plus vulnérable, puis renvoyer chacun, croyant ou non-croyant, à un supplément d’humanité, à une tradition d’intégration dont on sait qu’elle a été léguée par 2.000 ans d’histoire chrétienne et européenne.

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message