« Ensemble, bâtissons un Parti Radical uni, indépendant et novateur »

Le congrès de réunification des radicaux se tiendra à Paris ce 9 décembre. Séparés depuis 1972* en deux partis, les républicains radicaux de gauche (PRG) et de droite, dits valoisiens, ont pris contact cet été afin de fusionner leurs deux formations. Pourquoi effacer maintenant le clivage gauche-droite après 45 années d’opposition ? L’élection d’Emmanuel Macron, au printemps, et sa revendication de n’être ni de gauche ni de droite en est le déclencheur.

Pour les promoteurs , cette réunification doit être plus que l’addition de deux formations politiques mais - dans un paysage politique où les partis traditionnels se divisent et se fragmentent - l’amorce d’une dynamique inédite et porteuse d’espoir pour la France.

Si le principe de la réunification fut voté à une très large majorité et sera à l’ordre du jour de ce congrès, les conditions politiques de celle-ci et le choix de l’équipe qui la conduira ont fait débat.

À l’évidence, ce congrès sera très utile pour clarifier tout cela avant ce moment historique que sera la réunion de tous les radicaux. Des choix capitaux pour ceux qu’ils ont l’impérative mission de réussir cette réunification.

Aux origines du militantisme républicain radical

Après la chute de Napoléon III (1870), la France était principalement monarchiste. La division des monarchistes fut exploitée par les républicains arrivés au pouvoir en 1879. Les républicains étaient séparés entre opportunistes et radicaux. Les premiers, proches des milieux d’affaires, étaient républicains car c’était l’idéologie montante. Les seconds, menés par Léon Gambetta, étaient radicaux dans le sens où radical signifie “à la racine”. La racine de la république demeure 1792 et les différents mouvements insurrectionnels ayant secoué la France.

Les radicaux militaient pour une plus large souveraineté populaire. Ils travaillèrent ainsi à la reconnaissance de l’Assemblée nationale contre la monarchie présidentielle, l’édification de l’école républicaine afin que tout citoyen défende ses droits, la reconnaissance de certains droits aux ouvriers contre l’arbitraire capitaliste, la défense de la liberté de la presse (1881), la formation d’associations (loi 1901), la création de la laïcité contre les pouvoirs politico-religieux (1905).

L’homme le plus représentatif de ces radicaux est Georges Clemenceau, le Tigre, partisan de la Commune, partisan de Dreyfus, opposant au projet d’empire colonial. Clemenceau, enfin, acquit la réputation d’être le “premier flic de France” et le “père la victoire” car il présidait le conseil des ministres en 1917 et maintint la France dans la guerre sans concession contre l’Allemagne et ce contre l’avis des socialistes. En somme et en ce temps, les radicaux étaient patriotes et pour l’ordre républicain.

*En 1972, en vue des présidentielles de 1974, des radicaux soutiennent Valery Giscard d’Estaing, les radicaux valoisiens. D’autres radicaux soutiennent le programme commun de la gauche de François Mitterrand et fondent le PRG.

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