L’Union Européenne se dote d’une nouvelle politique pour l’immigration

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, délivrera ce mercredi son discours annuel sur l’état de l’Union à Strasbourg.

Ce discours sera accompagné de l’approbation de plusieurs projets législatifs, notamment celui sur la création d’un vrai service de garde-frontière et garde-côte européen, doté de pouvoirs jusqu’ici réservés aux autorités nationales.

Ce nouveau service pourra intervenir dans des États tiers et participer aux opérations d’expulsion des migrants illégaux.

La proposition de la Commission pour le renforcement des frontières alloue pour la première fois plus d’argent au contrôle de l’immigration qu’à l’aide au développement pour l’Afrique.

Cette mesure est dans les tuyaux depuis des années, mais a toujours été décriée par plusieurs pays, en particulier ceux du sud de l’Europe, qui ne voient pas d’un bon œil l’abandon de leurs compétences à l’UE sur un sujet aussi sensible.

Les tensions à ce sujet ont connu une recrudescence suite au refus de l’Italie de laisser débarquer sur son sol des personnes sauvées en mer. La Commission aurait donc estimé que la gestion des flux migratoires au niveau national ne fonctionnait pas et devait être remplacée par une action centralisée.

L’approbation de la proposition constituerait un bond en avant remarquable dans la fédéralisation de la surveillance, souligne le journal espagnol, qui note que la création de Frontex, en 2004 et son renforcement en 2016 avec la création d’une agence des frontières, n’avaient pas empiété sur la compétence des États.

Le service de garde-frontière et garde-côte européen compte environ 1 500 agents déployés, contre plus de 100 000 gardes-frontières nationaux. Il n’intervient que sur demande des pays et en collaboration avec les gardes-frontières nationaux.

Bruxelles a déjà proposé de porter à 10 000 le nombre d’agents européens avant 2020. Avec la proposition qui devrait être annoncée , elle donnerait à cette force un commandement centralisé et de larges pouvoirs.

Jean-Claude Juncker proposera en même temps une amélioration des canaux légaux d’émigration, en vue de faciliter les arrivées légales et contrôlées en Europe.

Ces propositions-là devraient être présentées sous la forme d’une communication, un format moins important que le projet législatif de renforcement des frontières.

source : Commission UE

Partager

Laisser un commentaire

Qui êtes-vous ?
Votre message