Le MRC à la recherche d’un nouveau souffle

Le "tornado" Macron a fait exploser à la présidentielle et aux législatives les partis politiques traditionnels. La formule "magique" de "en même temps" les a confiné les aux extrêmes : la droite dire républicaine , elle se voit superposée au Front national ; la gauche en miette, elle n'est audible que par les slogans de Jean-Luc Mélenchon. Au centre , la nébuleuse réunit dans le désordre les centristes des diverses chapelles, les constructifs , les audacieux et tous ce qui ne se reconnaissent pas dans la radicalisation et qui , au fond, ont choisi , au moins temporairement, la voie de la positivité vers la mis en place des réformes proposées par le nouveau président de la République et son gouvernement.

Mais ces nouveaux positionnements politiques n’effacent pas les idées et les valeurs sociétaux qui doivent s’exprimer dans une offre politique organisée.

Le Mouvement Républicain Citoyen , formation de la gauche républicaine , est une de celle-ci.

Après la déroute électorale qui a été sevère, ce mouvement-parti se pose même la question de son existence : en politique, une association de personnes a un sens s’il y a des contenus à proposer et propager.

C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Laurent, président de ce parti qui fut celui de Jean-Pierre Chevenement , qui a perdu lui-même son siège de député , a pris le bâton du pèlerin pour un tour de France pour aller à la rencontre et à l’écoute des dirigeants régionaux et des militants ( dans les Alpes-Maritimes, le MRC dirigé par l’ancien conseiller régional et actuel conseiller municipal à La Trinité Ladislas Polski en énumère une centaine) . Ce dernier week_end était à Nice et Marseille.

Tel Diogène avec sa lampe , Jean- Luc Laurent n’a pas des formules à imposer mais exprime le doute comme moyen pour comprendre si ce mouvement , qui a le souverainisme et les valeurs intrinsèques d’une gauche sociale dans ses gênes, a encore les conditions pour mener ses combats .

Ancien bras droit de Jean-Pierre Chevenement auquel a succédé à la tête du parti en 2010, est conscient que le parti propose un positionnement politique compliqué a expliquer et à défendre quand le Front National oppose à "l’Europe des patries " la fermeture des frontières et que Les Insoumis et ce qui reste du PCF ont repris la rhétorique de l’anti-capitalisme au lieu de dénoncer et corriger les effets délétères de la mondialisation libérale et ses excès.

Le logiciel qui a fait fonctionner , malgré ses contradictions , une gauche , pas toujours unie mais pas non plus toujours désunie, ce qui lui a permis d’être force de gouvernement pour des périodes assez longues, devra fatalement changer : quelle gauche sortira de ce période de deuil , analyse, réflexion, réorganisation et renouvellement de sa classe dirigeante ? et dans ce nouveau conteste, il y aura toujours une place pour le MRC, ses valeurs, ses idées et son organisation ?

Face a ses points d’interrogation, l’analyse de Jean-Luc Laurent est sans indulgences : " il est clair que le cycle ouvert par le congrès d’Epinay en 1971 et l’union de la gauche autour d’un programme commun de gouvernement, s’achève. Face au champ de ruines que nous constatons à gauche et à droite, il est urgent d’agir pour ouvrir un nouveau cycle, reconstruire la gauche et préparer une alternative. Le MRC est prêt à s’y investir".

Son regard vers le futur est sans concessions : "Un sursaut est nécessaire. D’autant plus que personne, ni aucun parti ne pourra seul reconstruire la gauche. La gauche devra s’unir et définir la forme et le contenu de cette union".

Sa conclusion est nette : "Nous pourrons ainsi proposer aux citoyens un projet qui sera une alternative à la politique libérale d’Emmanuel Macron et montrera notre volonté de transformation sociale de notre pays. C’est un chantier immense mais sans ce travail, la gauche restera dans l’opposition".

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